AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

CHAMBRE AFRICAINE DE L’ENERGIE
Restaurer la stabilité des marchés pétroliers

 

L'Angola, premier producteur en 2017
L’Angola, premier producteur en 2017

Les pays africains producteurs de pétrole doivent soutenir les efforts de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour restaurer la stabilité des marchés pétroliers. C’est le point de vue de la Chambre africaine de l’énergie qui vient d’exhorter les nations productrices africaines, à la fois membres et non-membres de l’Opep, à se faire entendre à l’unisson pour soutenir la politique de stabilisation du marché de l’organisation.

C’est par un communiqué diffusé à partir de Johannesburg, en Afrique du Sud, le 30 novembre 2018, que la Chambre africaine de l’énergie a appelé l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et autre producteurs internationaux de pétrole, à continuer les coupes historiques de production lors de la prochaine réunion de l’Opep le 6 décembre, afin de stabiliser les cours du baril.

« Les prix du pétrole ont chuté d’environ 20% en novembre, mois qui devrait connaître le plus grand déclin des cours mondiaux du baril depuis leur crash de 2014. Ceci n’est pas bénéfiques aux producteurs et économies africaines », lit-on dans la communiqué.

Chambre africaine de l’énergie
Chambre africaine de l’énergie
NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’énergie.
NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’énergie.

La Chambre invite ainsi les nations productrices africaines, à la fois membres et non-membres de de l’organisation des pays producteurs d’or noir, à partager une vision commune pour soutenir la politique de stabilisation du marché de l’Opep. « Ce nouveau déclin des prix du pétrole montre clairement au monde que le surplus d’approvisionnement mondial n’a pas été éliminé. Le future du secteur pétrolier, ainsi que celui de la sécurité énergétique mondiale, dépend de la continuation des coupes de pétrole menées par l’Opep, » a déclaré NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’énergie.

Les nations productrices de pétrole, dont beaucoup sont africaines, risquent en effet de connaître de nouvelles difficultés économiques si le surplus d’approvisionnement continue et que les prix dégringolent. Ces pays comprennent notamment le Nigeria et l’Angola, deux des économies les plus importantes de l’Afrique subsaharienne, ainsi que la Guinée équatoriale, le Cameroun, le Congo, le Gabon, le Sud Soudan, l’Algérie, la Libye et le Ghana. D’autres pays qui investissent dans de futurs méga projets, comme le Mozambique, l’Ouganda et le Sénégal, pourraient voir ces projets retardés du fait de prix trop bas.

Sauver l’accord de coopération historique

Mohammed Sanusi Barkindo
Mohammed Sanusi Barkindo

La Déclaration de coopération historique, négociée par le Secrétaire général de l’Opep et fils de l’Afrique,  Mohammed Sanusi Barkindo, qui fut signée en 2016 par les membres de l’Opep et 10 pays non-membres, et qui a depuis été prolongée plusieurs fois, doit expirer fin 2018. « La Déclaration de coopération historique a été largement créditée pour avoir sauvé l’industrie pétrolière de sa chute, et avoir restaurer une sécurité économique pour les nations dépendantes du pétrole, dont beaucoup sont africaines. Abandonner cet accord extraordinaire maintenant ne ferait que mener à une augmentation de la production et du surplus d’approvisionnement, annulant de facto tous les progrès accomplis ces deux dernières années, », a déclaré Ayuk.

« Quand le marché pétrolier est en crise, le chemin vers la dignité et prospérité est clos pour beaucoup de familles africaines. Cela laisse beaucoup d’africains à eux-mêmes, en particulier les moins diplômés, alors que de meilleures avenues vers une vie longue et prospère leurs étaient auparavant offertes, » a-t-il ajouté avant de faire remarquer que l’opinion de beaucoup d’Africains sur l’Opep et le secteur de l’énergie s’est considérablement améliorée à mesure que les africains reconnaissent le lien fort entre le secteur des hydrocarbures, les économies africaines et le rêve d’entreprenariat africain.

La Chambre africaine de l’énergie se joint alors à l’Opep et aux consommateurs et affirme vouloir continuer à travailler avec ses membres pour « éduquer le public sur la nécessité d’une stabilité durable de l’industrie pétrolière ». La Chambre qui dit être convaincue que la Déclaration de coopération de 2016 a sauvé l’industrie des hydrocarbures et beaucoup d’économies africaines d’une chute imminente. Elle doit donc être prolongée à Vienne la semaine prochaine.

La voix du secteur énergétique africain

La Chambre africaine de l’énergie (CAE) revendique le titre de « la voix du secteur énergétique africain ». Elle se présente comme la première chambre africaine de réseaux, transactions et partenariats à succès, à la tête des industries énergétiques en Afrique. La CAE qui affirme promouvoir activement les intérêts du continent africain, de ses compagnies et ses citoyens.

La Chambre a aussi afficher ses ambitions de créer des opportunités de croissance pour les compagnies africaines dans les secteurs des hydrocarbures et de la production et distribution d’électricité. Ses activités principales incluent notamment la formation de personnel, le développement des contenus locaux ainsi que les transferts de technologie.

Elle soutient que le changement dans le secteur doit être le résultat de départements gouvernementaux engagés et actifs. La CAE travaille en étroite collaboration avec les ministères de l’énergie et législateurs en Afrique pour une croissance durable, bénéficiaire et profitable du secteur de l’énergie.

« Testez la force de notre réseau ! Nous collaborons avec les compagnies et acteurs cherchant à investir ou étendre leurs activités en Afrique, en leur fournissant information et accès a un réseau unique de contacts. Approchez-vous pour vos prochains partenariats à succès sur le continent ! », indique-t-elle sur son site web.

L’effet South Sudan Oil & Power 2018

La Chambre africaine de l’énergie compte par ailleurs sur « le progrès réalisé par le secteur pétrolier du Soudan du Sud suite aux derniers accords de paix », pour gagner en influence. Le succès de la conférence de South Sudan Oil & Power 2018, ou se sont rassemblés plus de 750 participants africains, européens, américains et arabes des secteurs amont et aval, est considérée par la Chambre comme « une marche dans la bonne direction ».

La CAE qui s’est encouragée par la présence de délégations ministérielles de plusieurs pays comme la Guinée équatoriale, le Soudan, la Somalie, l’Arabie saoudite, le Nigeria, la Russie, l’Ouganda etc. « Le succès de cette conférence est une indication de l’attractivité croissante du Sud Soudan pour les investisseurs africains et internationaux, alors que la nation africaine travaille dure pour assurer une paix stable et a redoublé d’efforts pour augmenter sa production et forer davantage de puits », a-t-on indiqué.

« La présence de plusieurs compagnies pétrolières internationales à Juba est très encourageante et montre que le Sud Soudan fait de son mieux pour restaurer la confiance de la communauté internationale et des investisseurs, et devrait être encouragé par toutes les parties prenantes, » a déclaré NJ Ayuk.

La Chambre a en effet soutenu les efforts du Soudan du Sud dans le but d’asseoir une paix durable dans cette partie du continent, ce qui a résulté en un nouvel accord entre factions rivales le mois dernier. « La communauté pétrolière locale et internationale a l’obligation de soutenir à la fois les accords de paix, et les efforts des dirigeants sud soudanais pour promouvoir la paix et réconciliation. Nous appelons également le gouvernement à continuer ses efforts pour mettre en place un environnement des affaires attractif, promouvoir le contenu local et donner priorité au rôle des femmes dans le secteur pétrolier, » a affirmé NJ Ayuk.