AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

GUINÉE – RIO TINTO
Accord annulé avec Chinalco

 

Finalement, le géant minier Rio Tinto ne vendra pas à son partenaire chinois Chinalco, sa participation dans le projet guinéen de minerai de fer Simandou, comme convenu dans le protocole d’accord conclu en octobre 2016. Selon l’agence Ecofin, l’anglo-australien a annoncé dernièrement que l’accord «non contraignant» de vente de 1,1 milliard à 1,3 milliard $, dont la date limite était prévue pour le 28 octobre 2018, est devenu caduc.

«Rio Tinto et Chinalco qui détiennent respectivement 45,05% et 39,95% des parts continueront de travailler avec le gouvernement guinéen pour explorer d’autres options permettant de tirer profit du gisement de fer de la classe mondiale, Simandou. Le gouvernement guinéen détient une participation de 15% du projet.», a déclaré la compagnie dans un communiqué.

Contacté par Guineenews au sujet de l’annonce, le ministre des Mines guinéen Abdoulaye Magassouba a indiqué que toutes les options sont dorénavant ouvertes, y compris celles incluant des acteurs chinois. «Notre objectif demeure la relance effective du projet dans les meilleurs délais. Nous continuerons à travailler dans ce sens.», a-t-il déclaré.

En mars dernier, Rio Tinto a mis à jour l’estimation des ressources minérales du projet Simandou, qui passe de 835 millions à 2,757 milliards de tonnes. Rappelons aussi que Rio Tinto a démenti en 2017 les rumeurs sur un quelconque blocage de la vente à Chinalco, de la totalité de sa participation dans le projet Simandou, en Guinée, après les récentes accusations de corruption.

Quelques semaines après l’annonce de la transaction, le géant anglo-australien a dû licencier deux de ses dirigeants (Alan Davies et Debra Valentine) après la découverte d’un échange de courriels, datant de 2011, laissant penser à des pratiques de corruption sur le projet. Si Rio Tinto a alerté les organismes de réglementation américaine, britannique et australienne au sujet de l’affaire, et qu’une enquête a été lancée, des sources ont indiqué que la transaction avec Chinalco a été bloquée. Les mêmes sources se demandaient aussi si la Chine voudra encore investir dans le projet, après les interminables affaires de corruption.