AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

EMELI MOHAMED ALI KAMIL

La spécialiste de l’intelligence économique

Après avoir fait ses armes à l’Union interparlementaire des États Membres de l’Autorité inter-gouvernementale pour le développement de la communauté économique régionale de la Corne de l’Afrique, la Djiboutienne Emeli Mohamed Ali Kamil officie actuellement à l’Union Africaine (UA).

Titulaire d’une licence en sciences économiques et d’un Master en intelligence économique et communication stratégique obtenus au Pôle Information-Communication de l’IAE de Poitiers (ex ICOMTEC), Emeli Mohamed Ali a commencé au sein d’une structure associative baptisée Creativ et basée en Bratagne. Elle était missionnée pour accompagner les entreprises de la région dans leurs projets de développement et de diversification en misant sur les techniques et les outils de la veille et d’intelligence économique.

La jeune Djiboutienne va ensuite directement intégrer l’Union Interparlementaire des États Membres de l’IGAD, l’autorité inter-gouvernementale pour le développement de la communauté économique régionale de la Corne de l’Afrique dont le siège est en Éthiopie. Sa mission : travailler sur le triptyque paix-sécurité-stabilité sans lequel, il n’est point d’émergence viable et durable. «Cette expérience m’a permis de prendre conscience du grand défi relevé par ma région mais aussi à l’échelle continentale dans la promotion de la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique », a-t-elle expliqué dans une interview accordée à un journal en ligne spécialisée dans l’intelligence économique.

A savoir que pour se perfectionner dans son secteur de prédilection, Emeli Mohamed Ali Kamil a tenu à décrocher un Exécutive Master spécialisé grâce au soutien de l’Union Africaine à l’Institut d’Études sur la Paix et la Sécurité.

Questionnée sur les perspectives d’émergence du continent, elle affirme avec optimisme que malgré l’importance des défis à relever notamment au niveau de la dépendance de l’Afrique vis à vis de l’aide extérieure qui s’oppose à l’idée d’une Afrique stable et développée à tous les niveaux, les continent à des atouts considérables pour réussir sa transition démographique, économique, énergétique et sociale.

Elle insiste alors sur l’accès à l’énergie en misant davantage sur le développement des énergies renouvelables. Ensuite, l’adaptation de l’éducation de la formation professionnelle aux besoins réels du marché du travail. Enfin, le développement des infrastructures qui permettraient de connecter et d’intégrer les pays à l’échelle continentale. Enfin, je citerai l’exportation des produits finis vers les marchés porteurs afin de permettre une croissance plus endogène.

Emeli Mohamed Ali Kamil estime en outre que les pays africains doivent accorder une priorité absolue à l’amélioration de leur mécanisme de redistribution les richesses. A son avis, il faut aussi travailler pour une plus forte inclusion des femmes dans la prise de décision. Sans oublier l’amélioration du climat des affaires afin d’avoir un secteur privé plus et conscient de l’importance de la prospérité équitablement partagée.

Quant à la mise en place du Centre Africain de Veille et d’Intelligence Économique (CAVIE), elle souligne que dans un environnement émergent et aussi concurrentiel que le marché africain, cette initiative constitue « un grand pas pour l’Afrique ». Car, pour elle, l’ère de la globalisation a rendu le décryptage de l’information stratégique un enjeu capital. « Les résultats seuls parleront pour cette Organisation ».