AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

CORNE DE L’AFRIQUE
Des évolutions encourageantes…

Un rapport publié dernièrement par la Banque mondiale note plusieurs évolutions encourageantes en faveur de la légalisation du commerce transfrontalier informel dans la région de la Corne de l’Afrique #. L’Éthiopie, par exemple, a conclu un accord bilatéral avec le Soudan, qui permet aux commerçants d’effectuer 48 voyages par an avec des marchandises d’une valeur maximale de 117 dollars par voyage. Des accords identiques existent avec Djibouti, le Kenya et la Somalie.

La découverte récente de ressources stratégiques — eau, pétrole, gaz, or, potasse et aquifères — fait en outre des régions frontalières de la Corne de l’Afrique des pôles économiques émergents. Le rapport souligne à cet égard qu’une exploitation de ces ressources garante de l’inclusion des communautés marginalisées pourrait accélérer l’amélioration de leur situation. Avec une croissance démographique de 3 % par an, le rapport montre comment les décideurs politiques ont la possibilité d’accélérer la croissance économique.

Mais le rapport soutient également que la compréhension du contexte et de l’histoire est essentielle pour élaborer des politiques mieux ciblées pour notamment les zones frontalières de Karamoja (sud-est du Soudan, sud-ouest de l’Éthiopie, nord-ouest du Kenya et nord-est de l’Ouganda) et le triangle de Mandera, anciennement connu sous le nom de région somalienne (nord-est du Kenya, sud-est de l’Éthiopie et sud de la Somalie).

Ces zones sont le théâtre de violences extrémistes, et notamment des attaques du groupe des shebabs. Plusieurs pays ont réagi à l’insécurité dans la région de la Corne de l’Afrique en renforçant les contrôles aux frontières, ce qui a eu pour corollaire l’interdiction des déplacements des petits commerçants frontaliers et la suppression de leur source de revenus. Par conséquent, certaines familles ont été poussées à adopter des pratiques moins durables, comme le brûlage d’arbres pour préparer du charbon de bois, et à se tourner vers des activités de contrebande et de banditisme.