AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

ZAMBIE
Une usine d’engrais pour faciliter l’accès aux intrants

L’accès à l’engrais est un problème économique et social auquel les autorités zambiennes veulent apporter une solution. Une usine de fabrication d’engrais de mélange a été officiellement mise en service par le président Edgar Lungu. Les agriculteurs pourront acheter ces intrants à moindre coût et éviteront d’utiliser des fertilisants non conventionnels.

 

C’est dans la zone économique multifonctionnelle située à Lusaka Sud que l’usine de fabrication d’engrais a été installée. Dans cette infrastructure, on retrouve une ligne de transformation du lisier pour le mix avec les engrais azotés, potassiques et phosphorés. Des équipements industriels pour l’ensachage y sont présents. L’investissement pour cette usine a été de 5 millions de dollars. L’entreprise a embauché 123 salariés permanents.

La Zambie connait un manque d’approvisionnement en engrais qui explique en partie le prix exorbitant de l’intrant. La consommation d’engrais a été de 42 kg par hectare de terres arables en 2013. Depuis les années 2000, ce chiffre descend parfois sous la barre des 30 Kg. Ce qui handicape sérieusement la capacité de production du pays dans le secteur agricole. Or, la moyenne mondiale enregistrée par la FAO en l’an 2000 est de 100,9 kg par ha.

La consommation zambienne en engrais est estimée entre 250 000 et 300 000 tonnes par an. L’utilisation par ha est restée dans la moyenne des pays en développement dans les années 1960 alors que cette moyenne a doublé en 50 ans pour atteindre les 80 kg/ha. La Zambie mise sur la vulgarisation de l’accès à l’engrais pour améliorer le rendement par ha et par conséquent le niveau de vie des agriculteurs. Le secteur agricole contribue à 10% du PIB du pays et autant de parts dans les recettes à l’exportation.

Des solutions alternatives à baliser

Les agriculteurs zambiens essaient de trouver des alternatives aux engrais chimiques qu’ils ne peuvent pas payer. Le sac de 50 kg coûte environ 60 dollars. Certains produisent leur propre engrais, aidés par des associations dans la fabrication de compost. Des résidus de cultures riches en azote sont par exemple mélangés avec des feuilles séchées d’arbustes et d’arbres. On met le tout dans un sac que l’on va par la suite mettre dans un fût rempli d’eau, en le suspendant. La matière organique se décompose et donnera une solution aqueuse pouvant servir de compost. Le « thé de compost » est utilisé en pulvérisation sur les cultures.

Les autorités zambiennes veulent mettre fin à un phénomène récent : l’utilisation des eaux usées déviés des égouts de la ville pour arroser les potagers dans les zones péri-urbaines. En réalité, c’est de l’eau puante et infectées de germes et d’agents pathogènes, issus notamment de matières fécales, qui font pousser les plantes.

Les autorités se saisissent du problème et rappellent que l’utilisation des eaux usées non traitées pour arroser des légumes qui vont être vendus au public est une grande infraction. Or, la demande en légumes a augmenté dans les villes, vu que c’est l’aliment le plus accessible. Augmenter l’offre en engrais conventionnel pour faire baisser le prix, c’est capital pour la Zambie.