AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

VERA SONGWE

Bras droit de Guterres et patronne de la CEA

 

Constamment citée dans les revues et les médias en ligne qui dressent périodiquement la liste des femmes africaines les plus influentes,  Vera Songwe est une femme bien connue de la sphère dirigeante continentale et même mondiale.

Née à Nairobi en 1968 mais de nationalité camerounaise, Vera Songwe  dirige le secrétariat général de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) depuis avril 2017. Elle occupe en parallèle le prestigieux poste de secrétaire général adjoint de l’ONU.

Économiste de formation, la patronne de la CEA a effectué sa scolarité au sein de l’Our Ladies of Lourdes College, dans la banlieue de Bamenda, au Cameroun, avant de rejoindre la Belgique pour intégrer l’université catholique de Louvain-la-Neuve, où elle obtient un doctorat. Elle se rendra ensuite aux États-Unis, d’abord à l’université du Michigan puis à l’université de Californie du Sud où elle décroche un poste de professeur invité, tout en travaillant à la Banque de réserve fédérale de Minneapolis.

En 1998 elle entre à la Banque mondiale et ne quittera cette institution que près de deux décennies plus tard. Après avoir été directrice des opérations de la Banque, poste basé à Dakar, elle sera nommée en 2016 à la tête du bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale de la Société financière internationale (IFC), la filiale de la BM dédiée au secteur privé.

C’est à ce poste qu’elle sera repérée par António Guterres, nouveau secrétaire général de l’ONU, qui va rapidement la convaincre de travailler avec lui. Réputée pour son « orthodoxie », Vera Songwe a aujourd’hui pour mission première d’orienter, depuis Addis-Abeba, la réflexion des gouvernements africains en matière de politique de développement.

En mai dernier, la secrétaire exécutive de la CEA a décliné (sa) feuille de route dans le cadre du grand projet de mise en place d’une zone de libre-échange continental. Selon elle, «le continent devrait prendre des mesures audacieuses sur plusieurs fronts». A cet effet, elle attend des pays africains une dynamique nouvelle capable de tirer vers le haut la classe moyenne. Elle soutient en outre que l’action la plus importante et la plus urgente consiste à créer « l’espace fiscal » permettant de favoriser les investissements publics et privés, tout en assurant une diversification économique, en vue de créer des emplois.

Elle a aussi exhorté les gouvernements africains à revoir de manière plus large les politiques macroéconomiques, en particulier, les mesures fiscales, afin de s’assurer qu’elles permettent de tirer le meilleur profit de cette zone de libre-échange. « Nous devons accroître les recettes fiscales, améliorer l’efficacité de la gestion des dépenses publiques, lutter contre les flux financiers illicites et développer les financements privés pour les projets publics », a insisté Vera Songwe.