AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

UNION AFRICAINE
Les questions économiques au Sommet

Le Sommet de l’Union Africaine n’est pas seulement le théâtre d’échanges sur la politique, les conflits et la démocratie. Il sert aussi de scène à des débats pour des sujets économiques qui rassemblent les membres. Quelques grandes réformes refroidissent plus d’un pays, craignant de perdre leur compétitivité. L’intégration à l’échelle continentale met du temps à se mettre en place mais le nouveau président de l’UA, Paul Kagame, veut accélérer les choses.

La décision était politique mais elle concerne l’économie des membres de l’Union Africaine. Il s’agit du prélèvement d’une taxe de 0,2% sur certains produits importés pour financer l’Organisation. Une vingtaine de pays appliquent déjà cette mesure fiscale inédite et une dizaine d’autres se sont engagées à le faire. Quelques pays ayant une économie tournée vers l’extérieure ne sont pas enclins à appliquer de tel prélèvement. D’autres mesures pourraient être instaurées à la place.

Afin d’aplanir les divergences autour de cette taxe UA, le président sortant de l’Organisation Alpha Condé appelle les pays hésitants à consulter le comité des ministres de l’Economie et des Finances. Ce prélèvement est selon lui « le moyen le plus sûr de résorber le déficit budgétaire chronique de l’Union Africaine ». La question de l’autofinancement est capitale car elle dotera de la crédibilité et de moyens d’action à l’Organisation.

L’Afrique terre d’investissement et qui commence à transformer ses matières, des pays africains candidats à l’émergence et qui sont en train de transformer l’économie, un taux de croissance de 5% de 2000 à 2014, il y a de quoi dormir sur ses lauriers. Pourtant, la conjoncture n’est plus aussi favorable.

« Les perspectives semblent moins bonnes pour 2017-2018 dans un contexte de faible diversification de nos économies et d’insuffisances en matière de gouvernance et d’absence d’inclusivité sociale », a déclaré Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l’Union Africaine.

Zone de libre-échange et Open sky en Afrique

En 2012, l’UA a décidé d’instaurer une zone de libre-échange. Les choses se concrétisent en 2018 puisque le tout nouveau président de l’Union Africaine, Paul Kagame a convoqué une réunion extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement du continent. Rendez-vous est pris à Kigali, au Rwanda, en mars 2018, pour le lancement officiel de la zone de libre-échange continentale.

Le président nigérien, Mahamadou Issoufou salue la volonté des pays membres d’avancer dans des projets communautaire et d’aller vers l’intégration. « Pour que la zone de libre-échange soit fonctionnelle, il faut effectivement créer des produits à échanger entre pays africains », prévient-il, soulignant que cela ne va pas tout résoudre au niveau du continent.

« Parallèlement à cette zone de libre-échange continentale, il va falloir continuer les programmes d’industrialisation de l’Afrique, il va falloir également développer les programmes des infrastructures en Afrique », a déclaré le président Issoufou. Les obstacles aux investissements et au développement du commerce inter-africain doivent-être levés.

D’après la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, la zone de libre-échange devrait, d’ici 2022, permettre une hausse de 52% du commerce intra-africain, soit 35 milliards de dollars. Les membres doivent s’accorder sur des procédures douanières plus allégées et des coûts de transits moins rédhibitoires.

La libéralisation du ciel est l’autre dossier économique du moment sur le plan continental. L’Open sky est effectif dans de nombreux pays mais très peu de compagnies nationales en profitent. Les grandes compagnies africaines comme South Africa Airways, Ethiopian Airlines ou Kenya Airways sont concurrencées par des mastodontes comme Turkish Airlines ou Emirate Airlines.

L’ouverture du ciel est censée favoriser les échanges entre les pays africains. Elle n’aura pas d’effet si le dossier sur la libre-circulation n’avance pas. Le président de l’UA Paul Kagame a promis de s’investir dans la zone de libre-échange, le marché unique des transports aériens et la libre circulation des biens et des personnes.