AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

SINDIKA DOKOLO

Un collectionneur engagé

 

L’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo_ est l’heureux propriétaire de la plus impressionnante collection d’objets d’art africain_. Il s’est aussi lancé dans la récupération des pièces pillées pendant la colonisation. Mais l’homme d’affaires amateur d’art est aussi engagé dans une bataille encore plus difficile : mettre enfin son pays sur les rails de la démocratie et redonner la fierté à ses concitoyens.

Sindika Dokolo
Sindika Dokolo

Né le 16 mars 1972 à Kinshasa au Zaïre d’une mère danoise et d’un père congolais, Sindika Dokolo  possède aujourd’hui environ 5.000 œuvres d’art. Pour l’époux d’Isabel dos Santos, la fille ainée de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, l’art est « la clé́ de tout parce qu’il nous permettra de remettre les choses à plat et de reprendre le contrôle de notre destin. ». Son père, Augustin Dokolo Sanu, était lui aussi un collectionneur et un homme d’affaires, et le premier Africain à créer une banque dans les années 1970.

Sindika Dokolo
Sindika Dokolo

Sindika Dokolo est vu par certains comme « « le golden boy de l’univers des collectionneurs d’art africain ». L’homme se définit pour sa part comme un « businessman activiste culturel ». Pour preuve, le combat acharné qu’il mène avec ses amis Didier Claes et Tao Kerefo, pour rapatrier sur le continent des objets d’art du patrimoine africain volés au cours de la période coloniale.

Mais le fondateur du mouvement « Les Congolais Debout » est surtout au-devant de la scène, depuis notamment ces deux dernières années, pour faire avancer une cause qui, selon lui, est devenue la priorité des priorités : enraciner la démocratie et l’Etat de droit en RDC.

Sindika Dokolo
Sindika Dokolo

Dans l’une de ses dernières allocutions à la veille de la marche du 26 octobre 2018 initiée par l’opposition gabonaise, il a déclaré : « Les Congolais sont allés jusqu’aux ultimes conséquences pour le respect de la Constitution. Beaucoup de nos concitoyens sont morts pour que nous puissions avoir des élections libres, crédibles et transparentes sans Kabila ».

Pour lui, le régime veut à nouveau confisquer le droit des Congolais de choisir librement leurs dirigeants en imposant des élections truquées « grâce à la machine à voter illégale (…) et à son fichier électoral frauduleux contenant près de 10 millions d’électeurs fictifs ». Il a alors appelé ses compatriotes « qui croient en l’Etat de droit et en l’importance d’en finir avec la dictature en RDC » à se lever de nouveau. « À toutes les congolaises et à tous les congolais, le combat pour la liberté et la dignité est sacré », a-t-il lancé.