AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

SENEGAL
Le gaz de Saint-Louis comme moteur de l’émergence

Afin d’être prêt à bénéficier de l’exploitation du gisement de gaz aux larges des côtes sénégalaises et mauritaniennes, les entreprises des deux pays sont appelées à s’organiser. Au niveau gouvernemental, les deux parties ont signé un accord de coopération dans le but de partager équitablement et les ressources et les revenus pour les sites frontaliers.

La région de Saint-Louis va connaître un développement spectaculaire une fois que ses gisements de gaz sont mis en exploitation à l’horizon 2021-2023. Les entreprises locales vont bénéficier de la phase de construction, car la filière aura besoin à ce moment-là de nombreux prestataires. L’enjeu est d’identifier les besoins et de se préparer pour être à la hauteur des prestations attendues. Autrement, la Société africaine de raffinage (SAR) sera obligée de recourir au savoir-faire d’entreprises étrangères, européennes, africaines ou asiatiques. La compagnie devrait aussi faire appel à des ouvriers et des artisans locaux.

Selon le président du conseil d’administration de la SAR, la région de Saint-Louis devra bénéficier des avantages importants de ce projet gazier, en termes de retombées économiques et d’emplois. Serigne Mboup appelle donc les acteurs concernés à s’organiser « afin de bénéficier de toutes les opportunités que la chaîne de valeur de l’exploitation du gaz offre ». Il estime que ce gisement va « accélérer l’émergence du Sénégal, par un développement économique et social profitable à l’ensemble des populations sénégalaises ».

L’Etat sénégalais est lui aussi préparé pour tirer profit du projet gazier de Saint-Louis. Il a mis en place un dispositif de veille et de transparence afin de défendre les intérêts du Sénégal et de sa population dans l’exploitation des ressources stratégiques que sont le gaz et le pétrole. Le code pétrolier est avantageux pour le pays qui n’a pas bradé ses richesses contrairement à certains Etats africains. Le gouvernement sénégalais a pu signer des contrats stables et réguliers qui favorisent les investissements et la production.

Le Sénégal et la Mauritanie ont signé un Accord de coopération intergouvernemental sur l’exploitation du champ Grand Tortue Ahmeyim situé à la frontière maritime entre les deux pays. Il est question de répartition initiale de 50% à 50% des ressources et des revenus, selon le principe de l’équité transfrontalière. Le gisement de gaz découvert au large des côtes Saint-Louisiennes est estimé à 450 milliards de m3. C’est la 5ème réserve mondiale.