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Défis et émergence d'un continent

SENEGAL
La SDE primé pour sa gestion efficace de l’eau

Comme dans bien d’autres pays africains, l’eau est une denrée vitale mais disponible en quantité insuffisante au Sénégal. Le contrat d’affermage entre la Sénégalaise des Eaux (SDE) est toujours un peu plus contraignant pour l’entreprise à chaque renouvellement mais les attentes de la population sont loin d’être satisfaites. Ce qui n’a pas empêché la SDE d’être reconnue comme un modèle de  partenariat public-privé qui a permis de généraliser l’adduction d’eau en milieu urbain. 

Et le gagnant est : la Sénégalaise des Eaux. Il s’agit du Prix de la société d’eau de l’année connu sous l’appellation de Water Utility of the Year Award. Ce trophée récompense l’entreprise qui a fait preuve d’une qualité de management et de professionnalisme, d’une démarche avant-gardiste dans le cadre d’un partenariat public-privé.

« Ce prix n’est pas uniquement destiné à la SDE. Il peut être un motif de fierté pour tous les acteurs du secteur de l’eau qui travaillent en synergie et pour le Sénégal, qui a su mettre en place un cadre institutionnel propice au développement de l’hydraulique urbaine », a déclaré Abdoul Ball, Directeur Général de la SDE.

Une gestion exemplaire de l’eau

La SDE a été adoubée par les bailleurs de fonds, notamment la Banque mondiale, comme étant une société d’eau très performante. Dakar est parmi les villes qui ont une gestion efficace de l’eau, la première en Afrique. Résultats, le taux d’accès à l’eau potable est passé de 80 % en 1996 à 98 % en 2017. La SDE a vu le nombre de ses clients plus que doubler sur la même période pour atteindre les 7 millions de consommateurs.

«Nous tâchons d’améliorer chaque jour la qualité de notre service et de porter un modèle de gestion exemplaire pour mieux répondre aux attentes de l’État, des Sénégalais, et de nos employés qui font preuve, en permanence, de professionnalisme et d’un engagement sans faille », martèle Abdoul Ball.

La SDE est la première entreprise de production et de distribution d’eau certifiée QSE (Qualité, Sécurité et Environnement) sur les référentiels ISO et OHSAS en Afrique. Depuis janvier 2015, elle détient une certification  RSE – ISO 26000, reconnue comme « exemplaire » en matière de Responsabilité Sociale d’Entreprise.

Les ruraux toujours privés d’eaux

La société civile sénégalaise n’est pas satisfaite de la performance de la SDE, car seuls les citadins sont bénéficiaires. Seulement 4% des villages ont accès à l’eau du réseau. La mission de service publique de l’entreprise se limiterait aux citadins. C’est en réalité une contrainte commerciale, car il faut vendre là où sont les consommateurs. A Dakar, la SDE trouve ses clients car la ville abrite plus de 80% des salariés et 75 % des activités économiques. La demande est telle que la pénurie est inévitable, obligeant parfois l’entreprise à rationner la distribution.

L’autre problème de la distribution d’eau au Sénégal est le prix. La SDE doit en effet amortir ses investissements. Les entreprises paient le prix fort, à 1200 FCFA le m3, c’est dire que la facture peut rendre une industrie moins compétitive. En revanche, les particuliers bénéficient d’un prix plus abordable, à moins de 200 FCFA les 1000 litres. Ce qui paie l’eau le plus cher est paradoxalement le paysan qui doit débourser au moins 50 FCFA pour un bidon de 20 litres, soit plus de 2500 FCFA le mètre cube, deux fois plus que paie une entreprise industrielle.