AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

SENEGAL
Jongler entre la dette et la croissance

Comment avoir une croissance solide tout en respectant les impératifs budgétaires et surveiller le dossier de la dette comme du lait sur le feu, c’est le défi qu’est en train de relever le Sénégal. Le FMI veille au grain est montre des signes de satisfaction à la veille d’une revue de l’accord de l’instrument de soutien à la politique économique (ISPE).

Le conseil d’administration du FMI va publier la sixième revue juillet 2018. L’institution a donné un avant-goût dans un communiqué. La mauvaise nouvelle est que le Sénégal n’a mobilisé suffisamment de recettes. La bonne nouvelle, c’est la gestion prudente de la dette.

En 2017, la mise en œuvre de l’ISPE a été freinée par la hausse des prix mondiaux du pétrole.  Sur le plan national, les prix de l’énergie n’ont pas pour autant flambé. Le pays a pu contenir l’inflation à un bas niveau de l’ordre de 1,3%. La croissance restera soutenue avec une prévision de 7% en 2018.

Pour soutenir la croissance, le Sénégal doit renforcer les recettes publiques. En 2017, le gouvernement a pu atteindre l’objectif pour le déficit budgétaire, c’est que les dépenses publiques ont été réduites. Le problème de la mobilisation de recettes demeure entier. Faute de moyens, le gouvernement a dû déferrer certains paiements, causant des arriérés qui sont susceptibles de porter préjudices au secteur privé et à la compagnie nationale d’électricité.

La gestion prudente de la dette a été saluée par la FMI. Le pays dispose d’un pactole qu’il  a en réserve, un fonds qui correspond à 1,89% du PIB. Ce dernier est le reliquat des 2,2 milliards de dollars levés sous formes d’un eurobond et utilisés pour financer en partie le budget 2009 et racheter des dettes à taux élevés.

La dette extérieure est à surveiller comme le lait sur le feu, en dépit du fait qu’elle ne représente que 60,8% du PIB. C’est moins élevé que les pays très endettés mais la situation est compliqué quand 30% des recettes publiques sont versés au service de la dette en 2017 contre 24% en 2014.

La croissance de l’économie sénégalaise se matérialise à travers les projets d’infrastructures et le développement de la riziculture. Selon le FMI, le pays doit s’atteler à mettre en œuvre les réformes pour le climat des affaires et des investissements.

La zone économique spéciale de Sandiara pourrait jouer un rôle essentiel pour attirer les investisseurs. La transition du secteur informel vers la création d’entreprise formelle est une étape à franchir. Le secteur financier du pays doit faciliter l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises.