AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

SATELLITES DE TELECOMMUNICATIONS
Accord entre le Nigéria et la Chine

Le Nigéria veut jouer dans la cour des grands en matière de technologie spatiale. La première puissance économique africaine va se doter de deux satellites de fabrication chinoise. Le tour de force est de pouvoir passer la commande en laissant le géant chinois financer le projet sur la base d’un accord bipartite complexe mais avantageux.

La Chine diversifie sa coopération économique avec le continent africain. A preuve, elle vient de franchir un nouveau cap en faisant du Nigéria son partenaire pour pénétrer le marché des satellites des télécommunications en Afrique. Un investissement de 550 millions de dollars et un délai de deux ans pour être prêt au lancement, voilà ce que propose l’Empire du milieu.

L’opération va mettre en scène deux entités chinoises. Le premier acteur est le constructeur China Great Wall qui a le savoir-faire nécessaire pour fabriquer les satellites. La China Eximbank va apporter le financement. A noter que le Nigéria devrait en principe contribuer à hauteur de 15 %. S’il n’est pas en mesure de le faire, l’ogre chinois se dit prêt à apporter la totalité des financements.

Le ministre nigérian de la Communication n’a pas manqué de saluer cette « grande opportunité commerciale ». Il estime que dans ce montage, le pays n’a rien à perdre. Les 550 millions de dollars ne sont pas considérés comme des prêts.

Il y a cependant une  contrepartie qui est la participation de China Great Wall dans la société qui est chargée de la gestion des communications par satellite au Nigéria, à savoir la Nigcomsat. Le gouvernement nigérian sera majoritaire.

L’objectif pour la Chine et commercialiser des services de communication par satellite vers d’autres pays. Le tandem formé avec le Nigéria est un moyen d’y arriver. En face, la concurrence est rude avec les israéliens, les américains et les britanniques qui sont déjà installés.

La Nigerian Communications Satellite a été créée en 2006 et est sous la tutelle du ministère fédéral de la Communication. Elle a mis en orbite son premier satellite de fabrication chinoise en 2007. Le NigcomSat-1 a rencontré des anomalies et a été débranché en 2008. Sa police d’assurance a permis de mettre en orbite un satellite de remplacement en 2009.

A l’époque, le président nigérian Goodluck Jonathan a souligné l’impact positif de cette technologie sur des secteurs divers comme la communication, les services internet, l’agriculture, la santé, la protection de l’environnement, la sécurité nationale…