AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

RECONQUETE DE L’AFRIQUE
Le pragmatisme américain

 

Lorsque le président américain a reçu il y a quelques jours le président kenyan fraichement, Uhuru Kenyata, le pragmatisme était le maître mot  « Donald Trump ne s’est pas s’offusqué de recevoir un des « cousins » de son prédécesseur, Barack Obama », selon l’agence Ecofin.

C’était le deuxième président d’Afrique subsaharienne reçu à la Maison Blanche depuis sa prestation de serment. Si le président américain a reproché à son invité des exactions dans la lutte contre les shebabs somaliens, le gros du sujet a été économique.

Aussi, le Kenya recevra une mission de conseils américains, pour discuter du « Doing Business in Africa ». Mais surtout Trump n’a pas manqué de plaider la cause d’une entreprise américaine Bechtel, qui est en course pour construire une autoroute au Kenya. Au total, des engagements et promesses de contrats évalués à 900 millions $.

Ce que font les Etats-Unis au Kenya sera appliqué dans les autres pays du continent notamment au Nigéria et en Ethiopie. Mais les pays francophones ne seront pas négligés à l’instar du Gabon qui flirte avec les USA depuis le début de la décennie pour « diversifier ses partenaires ».

L’objectif américain étant de ne pas se laisser dépasser par les nations européennes très actives ces derniers mois sur le terrain, en l’occurrence l’Allemagne et la Grande Bretagne. Sans oublier l’autre préoccupation principale : mettre un terme à la domination économique chinoise en Afrique en misant surtout sur la puissance de frappe des grandes entreprises comme Bechtel, Google, Facebook ou encore Exxon.

Ecofin n’hésite pas à parler de « nouvelle guerre entre les grandes puissances » en Afrique avant de souligner que l’Amérique « a ouvert le front contre tout le monde ».

Dans une récente analyse, l’agence de notation Moody’s a relevé un ensemble de chocs auxquels s’exposent les pays africains dans ce contexte d’affrontement des géants du monde. Le Gabon, premier exportateur de la CEMAC en 2017, le Ghana, économie prometteuse de la CEDEAO, l’Afrique du Sud, géant économique africain, et l’Egypte, leader économique au Moyen-Orient, seraient en première ligne parmi les victimes collatérales de cette situation.