AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

OUGANDA
Le court chemin pour devenir un exportateur de pétrole

Est-ce que l’Ouganda ne connait pas la crise pétrolière ? En tout cas, elle l’ignore. Malgré des prix très bas sur le marché, le pays continue à développer le secteur pour devenir un exportateur de pétrole en faisant appel à des investisseurs. Le potentiel est intéressant, soit une réserve estimée à 6,5 milliards de barils. La mutation de l’économie a commencé, illustrée par les travaux d’infrastructures pétrolières.

 

Avancer face à un vent défavorable en espérant que ce vent va finir par tourner, c’est la stratégie de l’Ouganda qui s’impatiente de devenir un pays producteur et exportateur de pétrole. D’aucuns s’étonnent de cet acharnement à lancer des appels d’offres et à entreprendre des travaux d’infrastructures en pleine crise pétrolière. L’argument des autorités ougandaises est la baisse des frais d’entretiens pendant que les prix sont bas. Le secteur sera alors prêt à passer à la vitesse supérieure, et lancer aussitôt la phase de production, quand le cours du pétrole remontera.

Les permis d’exploration accordée concernent une réserve potentielle de 5,3 milliards de barils. Les compagnies qui ont réalisé une exploration prometteuses ont découvert des gisements qui renfermeraient entre 1,4 et 1,7 milliard de barils. Elles prévoient d’entrer en production vers 2020, comptant sur une évolution favorable du cours du pétrole.

Le pari ougandais n’est pas gagné d’avance. Les grandes compagnies pétrolières ont en effet annoncé que les investissements dans de nouveaux projets baisseront de 100 milliards de dollars à cause de la chute des prix. Le pays table sur des investissements de l’ordre de 20 milliards de dollars les quatre prochaines années pour devenir exportateur de pétrole.

Des infrastructures pétrolièresen construction

En attendant que le pétrole jaillisse de ses puits, l’Ouganda construit les différentes infrastructures dont le secteur a besoin. Ses investissements dans la mise en place d’une logistique pétrolière témoignent de l’engagement du pays à devenir un acteur important sur le plan continental et mondial. Le projet de construction de 1500 km de pipeline est financé à hauteur de 3,5 milliards de dollars. Il s’agit d’un moyen pour acheminer le pétrole brut vers le port de Tanga en Tanzanie.  Un partenariat avec le Kenya pour un projet de gazoduc est aussi évoqué.

L’Ouganda va exporter du pétrole brut, mais compte aussi en raffiner sur son territoire. Le pays négocie avec une filiale de la société publique Russe Rostec pour mettre en place une raffinerie. Un consortium dirigé par RT Global Resources devra raffiner 60 000 barils par jour à l’horizon 2020. En attendant la phase de production à grande échelle pour l’exportation ou le raffinage, le secteur pétrolier ougandais va alimenter les centrales thermiques du pays pour satisfaire la demande en électricité.