AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

NIGER
La finance islamique pour soutenir les PME

La Banque Islamique de Développement (BID) a signé un accord de 9 millions d’euros avec la Banque Sahelo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC) du Niger, afin d’accompagner les petites et moyennes entreprises de ce pays.

 

La Société Islamique pour le Développement (ICD), la branche de l’institution financière en charge du secteur privé a représenté la BID dans cette entente avec la BSIC Niger. « Cet accord nous permettra d’établir un réseau financier intégré afin d’apporter un soutien aux PME locales désireuses de développer leurs activités dans le pays », a déclaré Khalid Al Aboodi, le Directeur Général de l’institution financière islamique.

L’opération est de type Wakala. C’est une forme de Sukuk, un marché de type obligataire adapté au financement des infrastructures et à la promotion de l’entrepreneuriat. Il s’agit d’un produit financier adossé à un actif tangible et à échéance fixe. Le propriétaire qui détient le droit de créancier reçoit une partie du profit lié au rendement de l’actif dans une activité qui doit être obligatoirement licite. On ne parle pas de taux d’intérêt.

Le Wakala implique une collaboration entre les deux parties. BSIC Niger engagera des fonds, mais pour le compte de la Société Islamique pour le Développement. Ce qui signifie une facilité financière pendant 5 ans pour la banque nigérienne dont le directeur se dit très heureux de voir que le rapprochement avec l’ICD débouche sur un accord. « Nous osons croire que d’autres formes de partenariat, y compris l’ouverture d’une fenêtre islamique, se développeront dans un proche avenir », a affirmé Abakar Adoum.

Une opportunité de développement pour l’Afrique

La finance islamique est basée sur le partage des risques et les financements garantis par des actifs. Les clients des banques détiennent directement des actifs réels dans la sphère réelle de l’économie, ce qui réduit leur aversion au risque. Cette finance « halal » fait la promotion de l’esprit d’entreprise, de l’inclusion financière et sociale. Elle préconise une gouvernance prudente et des dirigeants responsables. Développer les marchés financiers et les « ṣukuk » ou obligations conformes à la loi islamique permettra aux pays africains de financer de grands projets d’infrastructure.

Les institutions et instruments de la finance sociale islamique sont enracinés dans les principes de redistribution des richesses et de la charité. Ils peuvent, à ce titre, contribuer à la lutte contre la pauvreté, en favorisant en particulier la constitution d’un filet de sécurité pour les personnes qui vivent dans une pauvreté extrême. Des institutions comme la « zakat » (l’aumône pour les pauvres) ou le « waqf » sont des viviers de ressources qui, s’ils étaient exploités, pourraient répondre aux besoins des personnes les plus démunies en Afrique subsaharienne. En 2015, la finance islamique était estimée à 2000 milliards de dollars avec une croissance de 7%. La part de l’Afrique n’est que de 1%.