AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

MAURITANIE
Une percée de Total dans le secteur pétrolier

D’ici 2019, le groupe Total va réaliser deux nouvelles explorations de pétrole en Mauritanie. La multinationale française est détenteur de trois contrats d’exploration et de production et bénéficie d’un monopole dans la distribution de carburants aux usagers.

La nouvelle des forages de deux puits à des fins d’exploration est le symbole de l’investissement du Groupe Total en Mauritanie. La compagnie va ainsi développer ses activités en mer profonde dans deux des trois blocs qu’il détient, le C9 et le C7.  Le Groupe veut « créer une surface d’exploration contiguë étendue sur environ 17 000 km2 dans une zone prometteuse de l’offshore mauritanien », comme l’explique Guy Maurice, directeur Afrique de la branche Exploration-Production de Total.

Le ministère mauritanien du Pétrole, de l’énergie et des mines se félicite de ces nouvelles explorations et souligne l’attractivité du pays pour les compagnies pétrolière. L’institution a mis l’accent sur la transparence et un code de l’hydrocarbure rassurant pour les investisseurs. Sans un cadre juridique clair, les potentialités en ressources naturelles n’auraient pas été explorées.

Dans sa stratégie pour l’Afrique, Total lorgne sur les nouveaux bassins en mer profonde. Il a contracté un nouveau contrat en 2017 sur le bloc C7 qui s’étend sur une zone de 7300 km2. Le Groupe français détient 90% des parts, les 10% restants revenant à la Société Mauritanienne des Hydrocarbures et de Patrimoine Minier (SMHPM). A part ses champs d’exploration offshore, Total  opère également sur terre, dans le bassin de Taoudenni, avec un permis d’exploration sur 12 500 km2.

Certains observateurs craignent que Total finisse par avoir le monopole des ressources pétrolières et gazières en Mauritanie. Des informations sur un projet de rachat par le Groupe français des parts de BP dans l’exploitation des réserves de gaz que le pays partage avec le Sénégal ont en effet circulé. On soupçonne le gouvernement d’avantager à son partenaire depuis 20 ans dans le secteur au détriment d’autres multinationales qui proposent de meilleures offres.