AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

MADAGASCAR
Du fuel lourd en attendant l’énergie renouvelable

D’aucuns se demandent quel impact a eu la tournée africaine du président turc TayyipErdogan. Des investisseurs et des chefs d’entreprise ont été fortement représentés dans la délégation. A Madagascar, le président de la République vient d’inaugurer le fruit du plus important investissement turc dans la Grande Ile, une centrale thermique fonctionnant au fuel lourd et qui est censé résoudre une partie du problème énergétique dans un pays qui veut entamer sa transition.

 

La Jirama, la compagnie nationale malgache d’eau et d’électricité, vient d’être dotée d’une nouvelle centrale thermique de 60 MW par le Groupe AKSAF Power. Ce consortium turco-mauricien a réalisé le projet en seulement sept mois.Les travaux de construction ont débuté en novembre 2016. La production d’électricité a commencé dès le mois de juillet 2017. A elle seule, la centrale produit 14% de la capacité totale installée à Madagascar, soit 24% de l’électricité consommée dans toute l’île.

AKSAF Power réunit les entreprises AKSA Energy de Turquie et AF Power de l’île Maurice.   « L’AKSAF Power fournit non seulement de l’électricité, mais s’investit également dans la réalisation d’objectifs économiques sur le long terme, tout en étant engagé dans sa responsabilité sociale et environnementale » a déclaré son Président, CemilKazanci.Le coût d’investissement est de l’ordre de 80 millions USD, soit à ce jour, le plus grand investissement turc à Madagascar.

Appels à investissement dans le secteur énergie

Cette centrale fonctionnant au fuel lourd illustre la volonté des autorités malgaches de se défaire de l’utilisation coûteuse de gasoil. « Grace à la production d’énergie par l’utilisation du fuel lourd, l’année prochaine, nous allons pouvoir réduire de moitié les subventions accordées par l’Etat à la Jirama. » a annoncé le Président HeryRajaonarimampianina. La compagnie Madagascar Oil est techniquement en mesure de produire cette huile lourde pour alimenter les centrales thermiques du pays. Reste à savoir si le coût de l’exploitation permet de vendre à petits prix comme attendu pour que cela soit réellement bénéfique pour la compagnie d’électricité et les consommateurs finaux.

Le Président Rajaonarimampianina a réitéré que le secteur de l’énergie offre des opportunités aux investisseurs, d’autant plus que le Ministère de tutelle facilite déjà les procédures d’investissements. Dans le domaine de l’énergie renouvelable, plus de 2000 sites sont encore exploitables à travers tout le pays, par la construction d’infrastructures hydroélectriques. Cela devrait permettre de produire environ 7800 MW d’électricité, mais, jusqu’à présent, la Grande Ile n’en produit que 200 MW. D’ici la fin de l’année, une vingtaine d’autres projets d’infrastructure énergétique sera réalisée dans tout le pays.

Le président malgache a souligné que la valorisation et l’exploitation des énergies renouvelables ne signifient pas pour autant qu’il faut arrêter la production d’énergie thermique. « Les deux vont de pair pour garantir de meilleurs rendements en électricité pour toute la population, durant toutes les saisons », a-t-il insisté. Il a appelé les investisseurs à s’intéresser à la fourniture de panneaux solaires pour les foyers ruraux, sous contrat de vente à crédit ou par facilité de paiement, ceci afin de faciliter l’accès des populations des zones rurales à l’électricité.