AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

KENYA
Le prêt numérique comme enjeu des services bancaires mobiles

Une étude sur le prêt numérique au Kenya a soulevé les risques des nouvelles facilités d’utilisation des  services bancaires en Afrique. Néanmoins, la tendance reste la dématérialisation car les clients, particuliers ou corporate, utilisent de plus en plus la banque digitale.

De nombreux Kenyans sont devenus prisonniers des systèmes de prêts numérique. Face à la facilité de la demande, ils utilisent un service financier digital pour emprunter et disposer rapidement de l’argent. Or, l’utilisation de ces fonds empruntés est de plus superficielle et n’a rien à voir avec une activité économique en vue de les fructifier. Autre phénomène inquiétant, la spirale de l’endettement est de plus en plus fréquente car de nombreux clients empruntent afin de régler des dettes antérieures.

Une récente étude, ayant la forme d’un sondage, a révélé que la prolifération des plateformes de prêt numérique n’a pas amélioré les conditions de vie des Kenyans. Or, ils sont quelque 6,5 millions à avoir souscrit ce nouveau type de prêt. 3% d’entre eux ont emprunté de l’argent pour les placer dans un pari. Le phénomène de l’emprunt auprès d’une banque mobile est important puisque seulement 16% des Kenyans n’ont jamais contracté de prêts via les téléphones portables. 800 000 Kenyans ont contracté plusieurs prêts pour en rembourser d’autres.

Malgré cet engouement, le crédit numérique ne va pas aussitôt remplacer le crédit classique dans une banque. L’enquête souligne que ce type de service n’atteint pas tout le monde. Le prêt numérique ne correspond pas aux besoins de la plupart de la population qui ont des revenus et des flux de trésorerie irréguliers comme les agriculteurs.

Les banques kenyanes sont conscientes que pour avoir de nouveaux clients, elles ne peuvent pas ignorer le mobile. La banque digitale permet de diminuer les coûts et d’atteindre les zones où il est difficile d’implanter une agence. Il y a surtout de la demande pour les portemonnaies virtuels pour réaliser des transactions dématérialisées. L’offre numérique concerne aussi le transfert de fonds qui est particulièrement florissant sur le continent.

Au Kenya, les banques commerciales enregistrent plus de transactions numériques que celles effectués aux guichets. Les clients préfèrent les plateformes technologiques aux agences commerciales, car ils apprécient le fait d’avoir plus de liberté, de choix et de contrôle. La réglementation bancaire est appelée à suivre le rythme de la technologie avec son lot d’innovations.

Le régulateur a permis aux banques comme aux opérateurs de télécoms kenyans d’utiliser les solutions de paiement via les technologies numériques. Résultat, 38,5 millions de clients utilisent un service bancaire mobile pour transférer des fonds depuis leur mobile vers leur compte bancaire. Toutefois, le volume des prêts mobiles n’ont pas explosé malgré un nombre croissant d’utilisateurs.