AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

INDUSTRIE PETROLIERE EN DIFICULTE
Le point de vue de Sebastian Wagner

« Très probablement, l’ industrie pétrolière et gazière sera forcée de faire face aux impacts économiques du COVID-19 et à la faible demande de pétrole pendant une période inconnue. Au lieu de travailler à contre-courant, les pays producteurs de pétrole devront continuer à coopérer pour trouver des solutions, saisir les opportunités et maintenir l’industrie en vie », soutient Sebastian Wagner dans un plaidoyer écrit diffusé notamment par l’African Energy Chamber par le biais du réseau APO Group. Mais l’homme d’affaires allemand n’est pas pessimiste pour autant. Il considère que la nouvelle donne, malgré la pandémie, permet de stabiliser le marché si les acteurs s’accordent à privilégier le consensus.

 Sebastian-WAGNER-Pétrole-AfriqueSebastian Wagner est président du Forum des affaires Allemagne-Afrique (Germany-Africa Business Forum) et PDG de DMWA Resources, une entreprise panafricaine de marketing et d’investissement dans le secteur de l’énergie. Il dirige également la Pan-African Energy Marketing & Investments, une entreprise basée à Johannesburg, en Afrique du Sud. Il a travaillé pour Trafigura et des sociétés affiliées dans le négoce de pétrole, et a été responsable de la gestion des opérations commerciales et de la recherche d’opportunités de préfinancement dans toute l’Afrique.

L’ex-cadre de Trafigura estime par ailleurs que le choix de Ryan Sitton de la Texas Railroad Commission, qui réglemente l’exploration, la production et le transport de pétrole et de gaz naturel au Texas de se rapprocher de l’Opep est une bonne chose aussi bien pour l’ industrie pétrolière occidentale que pour l’Afrique. Cette organisation américaine très influente a en effet répondu à la guerre des prix du pétrole entre l’Arabie saoudite et la Russie en s’adressant à l’Opep et en proposant des réductions de la production de pétrole à l’échelle de l’État. Et Sebastian Wagner de rappeler que la longue séance photo de Sitton avec le Secrétaire général de l’Opep, Mohammad Barkindo, est un signe qui ne trompe pas…

Rappelons qu’en 2018, la Chambre des représentants des États-Unis a tenté de faire passer la loi NOPEC (No Oil Producing and Exporting Cartels Act). Si ce projet de loi avait été adopté, le procureur général des États-Unis aurait été autorisé à engager des poursuites antitrust contre l’Opep et ses pays membres.