AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

GUINEE
Le système financier a retrouvé la santé

La Guinée a fêté en  grande pompe les 60 ans de sa monnaie. Des réformes amorcées en 2010 dans le secteur bancaire semblent aujourd’hui porter leurs fruits. L’inflation et le taux de change sont plus stables.

Malgré des remous sur la qualité de services des banques primaires, il y a de la satisfaction au niveau de la Banque Centrale de la République de Guinée. Le président guinéen a salué les réformes accomplies avec « la modernisation de l’information financière, la mise à niveau du système national de paiement, l’ouverture de nouvelles agences dans les chefs-lieux des régions, la loi portant statut de la banque centrale ». Alpha Condé souhaite que la Guinée adhère à la zone monétaire ZMAO qui couvrira les pays de la CEDEAO à l’horizon 2020 et a demandé aux ministres en charge de l’Economie et des Finances de s’y atteler.

Pour le gouverneur de la Banque centrale, LouncényNabé, l’institution a retrouvé de la crédibilité. Il dresse un bilan positif : « l’inflation qui avoisinait les 22% est aujourd’hui est plus ou moins à un chiffre stable, le taux de changes du franc guinéen s’est stabilisé par rapport aux principales devises ». Il évoque aussi la modernisation du système comptable, la mise en place et le perfectionnement du système national de paiement par le crédit-bail, la réglementation bancaire et surtout la loi sur la criminalisation de tous les aspects du financement illicite et du blanchiment de capitaux.

Utiliser les instruments de politique monétaire

En 2016, la BCRG a lancé de nouvelles réformes avec la conduite d’une politique de change appropriée. Le franc guinéen a retrouvé la santé après s’être fortement déprécié suite à la conséquence économique de l’épidémie du virus Ebola. Un Marché aux Enchères Bilatérales de Devises (MEBD) a été mise en place. Les entreprises ont bénéficié de mesures incitatives pour rapatrier les recettes d’exportation. Ce qui a permis de stabiliser la monnaie nationale et de réduire les primes de change.

Les réformes de 2016, bien que conjoncturelles s’inscrivent dans le cadre de l’assainissement du système financier lancé en 2010. A l’époque, la Guinée a connu une forte inflation de 21% à cause notamment d’une augmentation irrationnelle de la masse monétaire et d’une politique budgétaire peu rigoureuse.

La Banque Centrale a utilisé les instruments de politique monétaire et de change pour geler l’excédent de liquidité bancaire et stabiliser le taux de change, modifiant le coefficient de réserves obligatoires et le taux directeur en fonction des conditions monétaires. La mise en place d’un marché de devise a permis de financer les besoins d’importations. En 2017, l’inflation est descendue à 8,5%.

Selon le gouverneur LoucényNabé, la Banque Centrale de la République de Guinée poursuivra la mise en œuvre d’une politique monétaire prudente en vue de garantir la stabilité des prix, indispensable pour créer les bases d’une croissance économique forte et durable.