AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

ELECTRICITÉ
La Côte d’Ivoire voit vert avec le cacao

Et si la solution de la crise du cacao en Côte d’Ivoire, souvent en situation d’excès de production, était l’énergie verte. Le pays va bientôt expérimenter une nouvelle source d’électricité en transformant les déchets du fruit de cacao grâce à un partenariat avec une entreprise américaine, signe du renforcement sans précédent des relations économiques entre les deux pays. 

L’offensive commerciale des Etats-Unis en Côte d’Ivoire s’est traduite par une augmentation de 55% des échanges entre les deux pays, entre 2012 et 2017, pour atteindre les 1,5 milliard de dollars. Début juillet 2018, c’est une délégation de plus de 50 personnes composée d’officiels et d’investisseurs américains qui a débarqué à Abidjan, répondant au souhait des autorités ivoiriennes de porter le montant des échanges avec la première économie mondiale à 2,5 milliards de dollars. Le projet de la production d’électricité par de la biomasse issue du cacao est le symbole de ce renouveau.

L’agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) va financer à hauteur de 1 million de dollars des études techniques et de faisabilité pour la construction d’une centrale électrique à biomasse en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’utiliser les déchets de cacao, plus de 26 millions de tonnes par an, pour alimenter une centrale électrique. L’étude est confiée à une firme américaine, Recast Energy LLC. La construction est prévue commencer en 2019 à Divo dans le centre du pays avec un coût estimé à 154 milliards de francs CFA ou environ 232 millions d’euros. La centrale devrait commencer à tourner en 2023.

La Côte d’Ivoire va ainsi augmenter de plus de 50% sa production d’énergie à biomasse car la station de Biokala produit déjà 2 x 23 MW sous la houlette du groupe SIFCA, avec un partenaire français, EDF. Le projet de Divo avec la SODEN et appuyé par les américains aura une capacité de 60 à 70 MW. Son impact sur l’environnement sera notable puisque le pays va réduire de 250 000 tonnes l’émission de CO2. Le potentiel de la Côte d’Ivoire est encore loin d’être exploité. L’objectif est de produire jusqu’à 424 MW d’énergie verte issue de la biomasse en 2030. Ce modèle sera dupliqué dans neuf autres projets.