AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

CROISSANCE AGRICOLE
La transformation en attendant la révolution en Afrique 

Le rapport Perspectives agricoles 2018-2027 présenté par l’OCDE et la FAI soulève à la fois des espoirs et des inquiétudes. Il note une forte croissance attendue de la production agricole en Afrique subsaharienne mais soutient que cela ne sera pas suffisant pour la sécurité alimentaire. Le secteur privé est un acteur clé de la transformation agricole.

Les efforts menés par les gouvernements assistés de partenaires techniques et financiers vont finir par payer. D’ici 2027, le secteur agricole sera plus productif avec une augmentation de 30 % de la production végétale, et de 25% pour la production de viande. Ce n’est pas encore la révolution agricole tant espérée mais c’est déjà une étape vers des objectifs comme l’autosuffisance alimentaire ou encore la sécurité alimentaire.

On ne peut pas minimiser les apports des entreprises privées, dont des multinationales de l’agribusiness qui ont permis à de nombreux pays africains de mécaniser son agriculture, d’utiliser des intrants efficaces et en quantité suffisante, d’adopter les meilleures pratiques… Les superficies cultivées continueront à s’étendre et les champs se mesurent désormais par milliers d’hectares dans des filières comme le maïs, le riz, la canne à sucre et le soja.

« L’utilisation d’engrais, de pesticides, de semences améliorées, de technologies de mécanisation et d’irrigation » va continuer à contribuer à la hausse générale de la productivité, selon le rapport. L’augmentation de la matière première va entraîner une hausse de la production du produit transformé, à l’instar de la filière sucre. L’Afrique subsaharienne va produire 18% de plus de cannes à sucre et transformer 34% de plus de sucre. Ce décalage s’explique par les efforts actuels d’industrialisation pour transformer les matières premières disponibles.

Le secteur agricole doit-il rester aux mains des nationaux et sous le contrôle du gouvernement, ou l’on doit se tourner vers les investisseurs étrangers capables d’augmenter significativement et à court terme les superficies cultivées et le rendement. Certains pays instaurent des zones d’investissements agricoles et se heurtent à la résistance de la population qui y voit un accaparement de terres par les étrangers. Le problème est plus complexe si ces investissements finissent par une hausse des prix alimentaires ou modifient radicalement les facteurs de production au détriment de la compétitivité des secteurs nationaux.

Quoi qu’il en soit, les multinationales de l’agribusiness transforment l’agriculture africaine, ce que les gouvernements n’ont jamais pu faire. L’agriculture de subsistance sur de petites superficies est dépassée. Les grandes exploitations permettent de créer des emplois, génèrent des recettes fiscales, améliorent le pouvoir d’achat des paysans, transfèrent les technologies et les compétences, optimisent les infrastructures… L’impact peut être positif ou négatif et il appartient à chaque gouvernement de gérer sa transformation agricole pour que l’économie et la population du pays en tirent bénéfice.