AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

COTE D’IVOIRE-UE
La libéralisation tarifaire comme première étape de l’APE 

A l’heure où certains pays s’interrogent sur le réel bénéfice d’un accord de partenariat économique avec l’Union Européenne, qui occasionne autant d’opportunités que de contraintes, la Côte d’Ivoire semble décidé à passer à l’étape supérieure. Abidjan se prépare à la libéralisation tarifaire qui devrait être appliqué en janvier 2019.

L’engagement de la Côte d’Ivoire ne fait pas de doute. Le comité conjoint APE entre le pays et l’UE a permis de l’affirmer alors que les discussions tournaient autour de la libéralisation tarifaire. « C’est un signal fort de l’engagement profond de la Côte d’Ivoire à mettre en application cet accord de commerce et de développement », a déclaré Philippe Willaert, chargé d’Affaire de la délégation de l’Union européenne. « L’APE donne un cadre légal et stable qui permet aux relations UE/Côte d’Ivoire de prospérer ».

Selon le diplomate, la Côte d’Ivoire s’affirme comme un moteur économique et commercial au niveau régional. Le pays est l’un des rares sur le Continent à avoir un important excédent commercial de plus de 2 milliards d’euros. L’UE souhaite donc intensifier les échanges commerciaux et les investissements européens avec la Côte d’Ivoire. Les deux parties doivent régler certains détails dans la mise en place de la libéralisation tarifaire. La gestion des recettes fiscales est un challenge car celles-ci ne seront pas collectées par l’Etat mais seront redistribuées au secteur privé ivoirien afin d’améliorer sa compétitivité.

L’APE « offre à la Côte d’Ivoire un avantage comparatif sur le marché européen pour des produits de plus en plus transformés », soutient le chargé d’affaires de la Délégation de l’UE. L’industrialisation et la transformation à un niveau élevé des produits pour créer de la valeur ajouté sont donc un défi à relever. Le pays pourra ainsi diversifier ses exportations et améliorera la résilience de son économie. La réussite d’un APE nécessite un cadre propice aux investissements. Améliorer le climat des affaires et la gouvernance est un impératif.

Une stratégie pour intégrer l’APE dans l’économie ivoirienne

Preuve de son engagement et de sa détermination, la Côte d’Ivoire a adopté une stratégie nationale de l’APE. Le but est d’intégrer cet accord dans l’économie nationale sans créer des problèmes, en étant complémentaire aux autres stratégies et politiques du gouvernement. Par cette stratégie, le gouvernement veut faire en sorte que l’APE soit bien géré et contribue significativement à l’émergence de la Côte d’Ivoire. Cet accord dépasse le cadre du libre-échange et s’apparente à un accord de développement.

Elaborée à l’initiative du Ministère de l’Intégration africaine et des ivoiriens de l’extérieur, la stratégie nationale de mise en œuvre de l’APE «  vise à agir sur les principaux leviers qui empêchent de tirer parti de l’Accord et de contribuer ainsi à l’atteinte des objectifs de la vision de la Côte d’Ivoire dans les domaines de la croissance, de l’emploi et de la réduction de la pauvreté », comme l’a décrit le chef du Gouvernement. Selon Amadou Gon Coulibaly, cet Accord pourrait favoriser la délocalisation et l’implantation en Côte d’Ivoire d’entreprises européennes et de pays tiers.