AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

CONGO-BRAZAVILLE
Un cycle de licence pour jouer dans la cour des grands

Le Congo frappe à la porte de l’OPEP mais n’a pas encore réussi à intégrer l’organisation. Ce qui n’empêche pas Brazzaville de persévérer en lançant un Cycle des Licences Phase 2 dont la clôture des appels d’offres et fixée au 30 juin 2019. L’évènement Africa Oil Week sera une occasion pour faire la promotion de ces champs pétroliers proposés aux investisseurs.  

« Nous nous sommes engagés á accueillir les opérateurs du secteur pétrolier mondial au Congo ». Le Ministre des Hydrocarbures du Congo Brazzaville, M. Jean-Marc Thystère Tchicaya compte frapper un grand coup lors de l’Africa OIl Week qui sera organisé à Cape Town en novembre 2018. Le pays profitera de l’occasion pour faire la promotion de son Cycle des Licences Phase 2 pour 2018-2019. Les autorités congolaises espèrent rencontrer la communauté mondiale des énergies pétrolières et gazières. Le pays disposera d’un espace d’exposition et sera à l’honneur dans le cadre d’un séminaire pour présenter son potentiel en hydrocarbures. Des réunions privées avec des partenaires potentiels seront au programme.

L’objectif affiché par le ministre Tchicaya est de faire de ce grand rendez-vous du secteur pétrolier un tremplin pour le succès d’une nouvelle mise en enchères de blocs pétroliers et gaziers. L’intérêt est mutuel puisque selon le Directeur de Conférence, Paul Sinclair, « la mise aux enchères tenue par le Congo apporte un nouvel engouement qui maintient Africa Oil Week comme l’événement du secteur à ne pas rater en Afrique ». C’est une opportunité pour les multinationales et les compagnies spécialisées dans l’exploration de sonder les opportunités dans un pays qui a un potentiel énorme dans le secteur des hydrocarbures. Le Congo-Brazaville bénéficie d’ailleurs du support de PGS (Petroleum Geo-Services) pour faire la promotion de son potentiel pétrolier lors de l’AOW.

Les appels d’offres du Cycle de Licences Phase 2 vont être lancés en septembre 2018 et seront clôturés en juin 2019. Le secteur pétrolier est devenu plus concurrentiel que jamais puisque les pays repassent à l’offensive, requinqués par la remontée des prix sur le marché international. De leur côté, des majors de l’industrie et des producteurs indépendants se montrent très intéressés par des blocs non encore explorés. La stratégie en vogue est de lancer des appels d’offres en faisant jouer la concurrence entre les compagnies.

Le Congo fait aussi face à la concurrence d’autres pays qui souhaitent développer leur production pétrolière à l’instar du Ghana. Pour Brazzaville, l’enjeu est énorme puisque le secteur pétrolier procure à lui seul 75% des recettes publiques. Le pétrole représente deux tiers du PIB et il va sans dire que l’économie du pays est entrée en récession à cause de la chute du prix du baril. La croissance est tombée à  -2% en 2017 alors qu’elle était de 8% en 2010. Même si l’envie de diversification de l’économie est présente, le rêve du pétrole persiste, d’autant qu’il commence à devenir réalité.

L’histoire a montré que le Congo peut avoir une croissance phénoménale quand le pétrole vaut de l’or. Le pays en tire en effet près de 90% de ses recettes d’exportation. L’ambition est grande mais pas forcément démesurée : multiplier par six la production journalière et atteindre les 300 000 barils en 2018. C’est tout à fait possible grâce au champ pétrolier de Moho Nord qui vient d’entrer en production sous la bannière du français Total. Une réserve revendiquée de 1,6 milliard de barils fait du Congo un futur grand pays pétrolier, à condition que les investisseurs répondent favorablement à son appel.