AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

CHANGEMENT CLIMATIQUE

Des opportunités de croissance verte pour l’Afrique

Le besoin de répondre au changement climatique présente une chance pour stimuler la transformation économique dont l’Afrique a besoin. Selon un rapport de la Banque Africaine de Développement, une contribution pour le COP21, un développement qui résiste au climat, à faible émission de carbone, qui stimule la croissance, comble le déficit énergétique et réduit la pauvreté.

 

 

Face au changement climatique, l’urgence d’adopter des politiques saines, génératrices de croissance indépendamment de la menace climatique se fait sentir. La croissance qui soutient la réduction de la pauvreté, la protection de l’environnement, l’efficacité des ressources et la croissance économique dans l’intégration – parfois appelée croissance verte – est une opportunité intéressante pour les pays africains. Les stratégies accélèrent les investissements dans les technologies et les nouvelles industries propres, tout en gérant les coûts.

La transition vers la croissance verte protège les moyens de subsistance; améliore l’eau, l’énergie et la sécurité alimentaire ; promeut l’usage durable des ressources naturelles ; et stimule l’innovation.

Opportunité pour l’énergie

L’Afrique dispose d’un gigantesque potentiel en énergies renouvelables. – hydraulique, solaire, éolienne et géothermale. La capacité de génération solaire pourrait atteindre plus de 10 000 GW ; la capacité éolienne, 109 GW ; la capacité hydraulique, 350 GW et la capacité géothermale environ 15 GW.  Traiter les inefficacités fondamentales des systèmes énergétiques africains créera également des opportunités d’investissements.

Des millions d’Africains privés d’énergie, non reliés au réseau, qui gagnent moins de 2,50 dollars américains par jour, représentent déjà un marché énergétique de plus de 10 milliards de dollars par an.

Opportunité agricole

L’agriculture assure la subsistance de plus de 70 % des populations africaines, aussi l’investissement dans l’agriculture revêt une importance fondamentale. A l’échelle mondiale, l’Afrique possède la plus grande quantité de terre arable non exploitée, équivalente à 25 % de la terre fertile mondiale.

Avec des pratiques agricoles intelligentes face au climat, la production agricole annuelle africaine pourrait passer de 280 milliards de dollars américains à 880 milliards d’ici à 2030. Cela ouvre à l’Afrique la perspective de se nourrir et de créer des emplois.

Les stratégies qui apportent leur soutien à des écosystèmes sains peuvent jouer un rôle dans l’augmentation de la résilience et dans l’assistance aux populations dans leur adaptation au changement climatique. L’investissement dans un usage durable de la terre grâce à une agriculture intelligente face au climat peut inverser le cercle vicieux en élevant le revenu du petit producteur, en réduisant la vulnérabilité et en renforçant la sécurité alimentaire nationale, tout en baissant les émissions de gaz à effet de serre.

Des exemples d’adaptation

Les petits exploitants agricoles de certains pays ont déjà pris l’initiative et fait preuve d’ambition et d’innovation en s’adaptant au risque climatique. L’approche nigérienne de l’agroforesterie, menée par les agriculteurs, a amélioré les moyens de subsistance tout en contribuant à l’adaptation et à l’atténuation sur  5 millions d’hectares de terre.

La plantation intercalaire d’arbres fixant l’azote a augmenté le couvert en arbres et en arbustes, et a assaini 250 000 hectares de sol dégradé. Le revenu réel brut annuel s’est élevé de 1000 dollars par famille pour plus d’un million de familles. Ces techniques agroforestières se sont aujourd’hui répandues au Mali.

Plusieurs pays modélisent des programmes locaux aux niveaux régional ou national, ce qui permet un changement massif. Le Ghana, le Kenya et la Tanzanie étendent les programmes de protection sociale.

Dans la région du Tigray en Éthiopie, les communautés ont développé et mis en œuvre des stratégies pour réglementer l’accès aux pâturages communaux afin de lutter contre la dégradation des terres. Le gouvernement a étendu ces initiatives locales à travers un cadre politique national.

Source : BAD