AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

CEDEAO-MONNAIE UNIQUE :

Le Nigeria plutôt prudent

Le désir de certains chefs d’Etat d’accélérer la création d’une monnaie unique au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne plait pas au Nigeria, la première puissance économique du continent.

A l’issue de la réunion d’un groupe de travail classé « de haut niveau » sur la monnaie unique, le 24 octobre, à Niamey, au Niger, il a été annoncé que les pays de la CEDEAO allaient prendre les mesures nécessaires pour parvenir à la mise en place de la monnaie unique en 2020. Le processus, il est vrai, a démarré depuis pratiquement 17 ans maintenant.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a affirmé que son pays serait prêt dès 2019. Avant d’intégrer la monnaie unique, les pays de la CEDEO devraient cependant remplir un certain nombre de critères relatifs notamment au déficit budgétaire, au financement du déficit, à la maîtrise de la dette extérieure, à la maîtrise du taux d’inflation, à des mesures structurelles et budgétaires ainsi qu’à la mise en œuvre d’un programme de convergence économique.

La plupart des pays de la CEDEAO semblent vouloir adhérer à une accélération du processus. Mais ce n’est pas l’avis du Nigeria, qui souhaite tempérer l’ardeur des uns et des autres.

« Le Nigeria mettra en garde contre toute position qui plaide pour une approche accélérée de l’union monétaire, négligeant les fondamentaux et d’autres questions pertinentes », a affirmé le président Muhammadu Buhari, qui se réfère aux difficultés rencontrées actuellement par les pays de la zone Euro.

« Notre région a besoin de cet instrument fédérateur, symbole de notre destin commun, pour consolider notre union douanière », a toutefois rétorqué sur son twitt le président en exercice de la CEDEAO, et chef d’Etat togolais, Faure Gnassingbé.

Le nigérian Muhammadu Buhari n’est toutefois pas le seul à vouloir jouer la carte de la prudence. Le président de la Commission de la CEDEAO, Marcel de Souza, fait partie aussi pour le moment du camp des sceptiques : « De 2012 à 2016, aucun de nos pays n’a pu respecter de manière continue les critères de premier ordre du programme de convergence macro-économique », a-t-il mis en garde.