AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

BENIN
Les réformes du président Talon trouvent grâce auprès de la France

Contesté dans son propre pays à cause de ses réformes pour relancer l’économie, voire transformer le pays, le président béninois Patrice Talon a reçu le soutien de son homologue français. Emmanuel Macron salue les « réformes courageuses » et promet que l’appui de la France ne fera pas défaut.

Patrice Talon a trouvé plus que de la légitimité par sa visite officielle en France. Le chef de l’Etat Béninois a traversé fin 2017 une période délicate quand des manifestations contre les réformes qu’il mène ont secoué le pays. « La France et son président soutiennent fortement le programme de réformes courageuses mis en œuvre par le président Talon dans son pays », a déclaré le président Emmanuel Macron.

Le chef de l’Etat français n’a pas été avare d’encouragements envers son homologue béninois. « Vous menez avec votre gouvernement une politique ambitieuse pour relancer la croissance économique du Bénin et nous sommes clairement engagés à vos côtés ». Il estime même normal qu’il y ait des contestations à Cotonou. « Quand on réforme, on bouscule des intérêts », soutient celui qui a apporté pas mal de changement en France en tant que ministre et puis président.

Le partenariat avec la France sera dans des secteurs définis tels que le tourisme, la santé, l’adaptation aux changements climatiques, l’éducation et la culture. Ces projets qualifiés de prioritaires représentent 275 millions d’euros (plus de 180 milliards FCFA) d’investissements.

« Nous allons dans les cinq domaines attendre que les choses se concrétisent très vite. Dans le domaine du tourisme qui est pour nous un domaine de développement certain, nous comptons beaucoup sur la France», a précisé le président Talon.

Le président Patrice Talon s’est montré heureux de ce soutien de la France. Son gouvernement s’attaque à la mauvaise gouvernance et à la corruption. Il veut rationaliser les dépenses publiques, réduit l’administration en misant sur l’efficacité, supprime des organes budgétivores et des postes superflus dont les très lucratifs chargés de mission.

Le chef de l’Etat rappelle, à l’occasion, que « le Bénin est un pays dans lequel on peut changer les choses » et c’est cela qui justifie sa volonté et sa détermination. « Notre talon d’Achille, martèle-t-il, c’est la gouvernance ». Le président Talon affirme que, à la mauvaise gouvernance, les dirigeants béninois sont résolus à donner une réponse visible.

«Nous avons entrepris des réformes impopulaires mais c’est parce que nous sommes convaincus que c’est la seule voie de sortie », confie Patrice Talon. Il reconnait rencontrer des difficultés. « Il y a des remous. Il y a quelques tensions, mais c’est bien le signe que nous faisons bien », assure-t-il.

Le président veut dépolitiser l’administration et souhaite que seule la compétence est retenue pour les postes dans la chaîne des dépenses publiques. Il a instauré certaines coupes budgétaires et annoncé des privatisations qui ont provoqué des mouvements de contestation dans la fonction publique.