AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

ARMEMENT
1er grand contrat pour Rosoboronexport

En 2019, Rosoboronexport, l’agence chargée des exportations du complexe militaro-industriel russe, s’est félicitée d’avoir organisé une vingtaine de meetings avec des représentants des pays africains et reçu en Russie une trentaine de délégations du continent venus dans le cadre des événements « ARMY » et « MAKS ». Dernièrement, elle a fait part d’une avancée décisive dans le projet portant sur la vente de navires militaires à un pays d’Afrique subsaharienne.

La signature de ce contrat constitue une information de taille dans la mesure où c’est la première fois depuis de longues années que la Russie boucle un dossier d’armement de cette envergure en Afrique. Selon Rosoboronexport, l’entame de la phase de réalisation du projet a déjà été actée. La livraison de produits finalisés de forces navales de fabrication russe à l’Afrique subsaharienne est pour Moscou une victoire plus que symbolique. « Il s’agit là d’un succès incontestable dans le domaine du développement de la coopération militaro-technique avec les pays d’une région stratégiquement importante pour la Russie » a déclaré le directeur général de l’agence, Alexandre Mikheev, qui a précisé qu’il s’agissait des livraisons de BK-10 fabriqués par Kalashnikov Concern. Des équipements présentés comme étant nettement au-dessus de la concurrence en matière de portée, d’amphibie et de puissance de feu.

Mais qui est le pays africain avec qui Moscou a signé le fameux contrat ? L’information est jalousement gardée par Rosoboronexport. Selon un diplomate européen, les Russes souhaitent surtout préserver leur client vis-à-vis des Américains qui ne cessent de brandir les « dispositions punitives » qui se basent sur une liste de 39 sociétés d’ armement russes avec lesquelles il est interdit de commercer, selon une loi américaine adoptée en 2017.

On sait que l’Ouganda, le Mozambique, le Rwanda, l’Angola et le Niger font partie des pays qui ont signé dernièrement des contrats d’ armement avec Moscou. Certains observateurs estiment, pour leur part, que l’Afrique du Sud, le Nigéria, la Côte d’Ivoire ou l’Ethiopie sont les pays susceptibles de disposer des moyens d’acquérir les BK-10. D’autres misent plutôt sur la République Démocratique du Congo ou la Guinée équatoriale. Cette dernière qui, en 2018, a négocié un accord octroyant au Russes des facilités pour l’entrée libre et le ravitaillement de leurs navires de guerre dans les ports équato-guinéens.