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Défis et émergence d'un continent

ALGERIE
Une stratégie raffinée pour ne plus importer des carburants 

L’auto-suffisance en carburant, c’est un rêve qui est tout à fait à la portée de l’Algérie. Rien d’étonnant donc si le pays en a fait une obsession. Il compte sur la compagnie algérienne des hydrocarbures, Sonatrach, pour atteindre cet objectif d’ici fin 2019, contre vents et marées.

On ne peut pas dire que le plan de l’Algérie pour ne plus importer des carburants raffinés se déroule sans encombre. Le pays affichait de grandes ambitions, annonçant son projet de monter pas moins de cinq raffineries pour combler ses besoins. La demande nationale tourne autour de 15 millions de tonnes alors que la production locale ne dépasse pas les 12 millions de tonnes.

Résultats, l’importation algérienne en matière de carburants représente 3,2 millions de tonnes d’essence, soit 23% des besoins dans ce type de carburant. La production nationale est tournée vers le gasoil dont la demande avoisine les 10 millions de tonnes. En 2018, le gasoil coûte 23 dinars le litre contre 42 dinars pour l’essence super et sans plomb.

Rien de bon pour la balance commerciale quand on importe chaque année en moyenne pour 2 milliards de dollars de carburant. En effet, entre 2011 et 2016, Alger a consacré pas moins de 16 milliards de dollars pour ce poste de dépenses. Or, la demande nationale ne cesse d’augmenter en moyenne de 7% par an ces dix dernières années.

Réhabiliter les raffineries pour gagner en production

Le gouvernement réagit et veut accélérer l’augmentation de la capacité locale en termes de raffinage. Dans l’immédiat, la Sonatrach est sommée de terminer les travaux de réhabilitation de la raffinerie de Sidi R’zine début 2019. La réhabilitation des raffineries de Skikda, Arzew et Alger permettra d’obtenir une hausse de production cumulée de 3,5 millions de tonnes.

La deuxième solution provient de l’Italie. D’ici fin 2018, le transfert de la cession de la raffinerie d’Augusta à Sonatrach devrait être accompli. Cette unité de raffinage produit 10 millions de tonnes de carburant par an sous la bannière de l’américain Exxonmobile.

Une troisième solution sera mise en place dès fin 2019, dans la plus grande région pétrolifère du pays, de la raffinerie de Hassi Messaoud pour une production de 5 millions de tonnes par an. Le gouvernement algérien pense arriver à mettre fin définitivement à l’importation de carburant et exporter d’ici quelques années grâce à des investissements.

Il faut entre 2 et 5 milliards de dollars pour mettre en place une raffinerie. La Sonatrach mise sur un plan d’investissement de 50 milliards de dollars sur cinq ans, cela sur la base d’un prix du baril du pétrole à 50 – 55 dollars. La compagnie algérienne investit aussi dans des pays étrangers, en Afrique et au Moyen-Orient.

Puisque cette demande est dans un cycle haussier, les autres projets de raffinerie restent d’actualités. D’ailleurs, l’Algérie ambitionne d’exporter l’excédent de produits finis. Son premier objectif à part la satisfaction des besoins du pays, est de créer de la valeur ajoutée à partir de ses ressources stratégiques et stimuler la création d’emplois.