AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

ALGÉRIE
L’importation de produits alimentaires renforce l’inflation

La situation à la fin du mois d’octobre 2017 a tiré la sonnette d’alarme sur une tendance inflationniste qui s’installe en Algérie. Le taux d’inflation en rythme annuel est de 6%, illustré parfaitement par une variation mensuelle de 0,5%, d’après les chiffres publiés par l’Office national des statistiques (ONS). Les prix de certains biens alimentaires ont augmenté, en particulier les produits importés.

 

La hausse des prix a été au menu des ménages algériens dans leur budget alimentation. En octobre 2017, les prix des fruits ont augmenté de 20%, contre 5,3% pour la pomme de terre et 4,2% pour la viande de poulet. Ces hausses ont été tempérées par la baisse enregistrée dans d’autres catégories de produits alimentaires. Les prix des légumes ont régressé de 5,6% par rapport à septembre. L’augmentation ne sera au final que de 2% pour ce qui est des produits agricoles frais, 0,1% pour les produits agroalimentaires et 1% pour les prix des biens alimentaires en général. Ce qui est relativement élevé en termes de glissement mensuel puisque l’inflation annuelle des produits alimentaires pourrait donc atteindre les 12%.

Sur les 10 premiers mois de 2017, la facture d’importation a connu une augmentation de 4% par rapport à la même période en 2016 pour ce qui est du groupe des produits agroalimentaires. Elle a enregistré des dépenses à hauteur de 7,12 milliards de dollars.  L’Algérie a surtout importé 1,22 milliards de dollars de lait et produits laitiers, soit une hausse de 53,1% ou plus de 424 millions de dollars. Elle a dépensé plus de 246 millions de dollars (+27,73%) en légumes secs. Les importations de sucre et sucreries ont aussi connu une hausse importante, soit  23,1%, pour atteindre les 913 millions de dollars. Le pays continue à consommer beaucoup de thé et de café avec une facture à l’importation de 367 millions de dollars en 10 mois, soit une hausse de 8%.

Sur les principaux produits alimentaires consommés par les algériens, on a enregistré quelques baisses dans les importations sur les dix premiers mois de 2017. Selon les services douaniers, le pays a dépensé 2,27 milliards de dollars dans les céréales, semoule et farine, soit une baisse de 5,2%. L’importation de viande a aussi régressé, passant à 173,96 millions de dollars, avec une baisse de 14,55%. L’importation de produits alimentaires pèse dans le déficit de la balance commerciale du pays qui tourne autour de 20 milliards de dollars. Il y a donc une menace réelle d’épuisement des réserves de changes. Les restrictions à l’importation se sont avérées néfastes pour l’économie à cause de la tendance inflationniste qu’elles ont provoquée.