AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

AIR ZIMBABWE
Un nouveau pas dans son plan stratégique

La compagnie aérienne nationale de Zimbabwe reprend de l’altitude grâce à l’acquisition de nouveaux appareils pour des vols domestiques ou régionaux et surtout long courrier. Elle ne verra pas forcément sa flotte renforcée tout de suite. Ces avions seront en effet mis en location à l’autre compagnie locale en attendant que la compagnie historique ne retrouve la rentabilité.

Le Zimbabwe vient de faire l’acquisition de 5 avions. Quatre appareils sont des Boeings 777 achetés pour un montant de 70 millions de dollars auprès d’une compagnie aérienne malaisienne. Le gouvernement zimbabwéen a réglé le paiement de deux appareils de l’avionneur américain. Il a aussi payé pour l’acquisition d’un Embraer, le petit avion de ligne de fabrication brésilienne.

Selon le ministre des Finances, Patrick Chinamasa, ces appareils pourraient être loués «  à toute tierce partie qui pourra payer les frais de location » en attendant qu’Air Zimbabwe ne retrouve une meilleure santé financière. La compagnie nationale se voit donc « interdite » d’exploiter les nouveaux avions dans une situation de déficit. Pour le gouvernement injecter des fonds dans la compagnie aujourd’hui reviendrait à jeter de l’argent par la fenêtre.

La mise en location des appareils qui viennent d’être achetés crée une polémique à cause de l’identité du locataire. Il s’agit de la compagnie Zimbabwe Airways qui est soupçonné d’appartenir à la famille du dictateur déchu Robert Mugabe. Patrick Chinamasa dément et affirme que cette compagnie locale n’appartient ni à l’Etat ni à l’ancien président. Le contrat serait purement commercial. Cela suppose en tout cas qu’il n’y a pas de concurrence établie entre les deux compagnies. Dans sa stratégie, « Air Zimbabwe vise à développer son réseau de liaisons afin de rivaliser avec d’autres compagnies aériennes continentales et internationales ».

Un plan de redressement à 190 millions de dollars

Dans son plan de redressement stratégique pour la période 2018-2019, Air Zimbabwe a déjà prévu la location des appareils qu’elle va acquérir. Malgré la réticence du gouvernement à injecter des fonds dans la compagnie nationale, cette dernière a besoin  de renforcer son capital  espérant obtenir 190 millions de dollars. Ce fonds permettra de rajeunir la compagnie mais aussi de rembourser des dettes auprès de différents organismes. Il faudra payer les 13 millions de dollars dus à l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) pour espérer bénéficier d’un programme pour sortir de la liste noire de la Commission européenne. Une  réintégration au sein de l’International Air Travel Association va coûter 4 millions de dollars.

Air Zimbabwe semble déterminé à trouver les moyens nécessaires pour se relancer et  n’écarte pas le financement privé. D’autres options sont étudiées à savoir la signature d’un partenariat stratégique avec une autre compagnie qui va injecter des fonds, ou encore un contrat de location-vente. La réticence du gouvernement est compréhensible malgré des perspectives optimistes évoquées par la compagnie. Le plan de redressement permettrait de retrouver dès la première année le bénéfice qui serait de 200 000 dollars, pour atteindre les 22 millions de dollars en 2020.