AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

AIR CÔTE D’IVOIRE
Un accord gagnant-gagnant avec Airbus

L’accord annoncé en grande pompe et signé entre la Côte d’Ivoire et Airbus a un objectif avoué de développer l’industrie aéronautique et spatiale du pays. Le constructeur aéronautique européen y trouve un moyen pour avoir une base en Afrique de l’Ouest, une rampe de lancement de plus pour sa conquête du marché continental.

Par un accord de collaboration avec Airbus, la Côte d’Ivoire est persuadée de faire un pas dans sa vision de devenir un pôle de la technologie aéronautique et spatiale en Afrique. Le Vice-Président ivoirien Daniel Kablan Duncan estime que le projet avec l’avionneur constructeur européen va contribuer à la croissance du pays. « Ce partenariat nous aidera à mettre en place un cadre plus solide pour le développement industriel, la création d’emplois et le développement des compétences », a-t-il déclaré.

Le président d’Airbus Commercial Aircraft confirme que le secteur privé a un rôle à jouer dans la croissance économique et industrielle en collaborant avec le secteur public. Guillaume Faury martèle que le constructeur est prêt à partager son expertise. L’accord permettra de « discuter des opportunités et soutenir les efforts du gouvernement dans la construction d’un secteur aéronautique et spatial robuste et durable». La Côte d’Ivoire multiplie les initiatives pour affirmer son positionnement en tant que hub aérien de la sous-région ouest-africaine. Le pays a investi 42 milliards FCFA pour l’extension et la modernisation de l’Aéroport d’Abidjan dont la capacité d’accueil sera portée à 5 millions de passagers par an d’ici 2022. Un centre de métier de l’aviation a été mis en place.

Ce partenariat technique entre l’avionneur européen et la compagnie ivoirienne permettra de former des ingénieurs et techniciens ivoiriens. Un stock de pièces de rechange pour Airbus sera disponible dans le Centre géré par Air Côte d’Ivoire. L’avionneur pourrait même aller jusqu’à transférer une partie de la chaîne de production. Le concurrent Boeing a déjà sauté le pas en confiant à Ethiopian Airlines la fabrication de faisceaux de câbles électriques.

Airbus a intérêt à ce que son partenaire ivoirien soit fort. Un partenariat technique va permettre à l’avionneur de disposer d’une base régionale pour la maintenance des appareils Airbus. Cela va encourager les compagnies des pays de la région à faire acquisition d’un Airbus pour renforcer ou renouveler sa flotte. South African Airways achète aussi européen dernièrement avec 5 appareils A330, deux fois moins que la nigériane Arik Air. Les compagnies Air Mauritius, Rwandair, l’algérienne Tassili Airlines dont parmi celles qui confirme leur confiance en Airbus.

Airbus grignote son retard par rapport à son grand rival Boeing sur le marché africain. En 2017, elle peut se vanter d’avoir 32 compagnies clientes et 233 appareils opérés contre respectivement 40 clientes et 400 appareils pour l’américain. Sur le plan commercial pour l’année 2017, Airbus et nettement devant avec 20 commandes au premier semestre et 14 avions livrés sur l’année contre 5 commandes les six premiers mois et 7 avions livrés en 12 mois pour l’américain. Les deux avionneurs essaient de s’adapter au marché africain en proposant des appareils plus petits pour les vols nationaux ou régionaux, ainsi que des appareils plus économiques en carburant. Le maintien en activité des anciens appareils est vital pour de nombreuses compagnies, d’où l’intérêt d’avoir sur le continent un centre technique pour la maintenance et la visite technique.