AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

AGOA – AFRIQUE – ETATS-UNIS
Donner un nouveau souffle aux échanges

 

Le Forum sur la Loi sur la Croissance et les Opportunités de Développement en Afrique ( AGOA ) a pris fin sur « une note prospective et prometteuse », selon ses organisateurs. La cérémonie de clôture tenue au Palais des Congrès du Sofitel Ivoire a été présidée par le Secrétaire d’État Adjoint aux Affaires Africaines des Etats-Unis, Tibor Nagy, et le Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME Souleymane Diarrassouba.

L’événement a aussi été l’occasion pour le représentant adjoint des États-Unis au Commerce, C.J. Mahoney, et le commissaire au Commerce et à l’Industrie de la Commission de l’Union africaine, Albert Muchanga, de signer une déclaration conjointe relative au commerce entre les États-Unis et l’Union africaine.

 

Secrétaire d’État Adjoint aux Affaires Africaines des Etats-Unis, Tibor Nagy
Secrétaire d’État Adjoint aux Affaires Africaines des Etats-Unis, Tibor Nagy

Le Secrétaire d’Etat Adjoint Tibor Nagy n’a pas manqué d’exprimer sa vision des échanges commerciaux entre les Etats-Unis et l’Afrique.  « Je dis toujours que nous devons voir l’Afrique à travers le pare-brise et non le rétroviseur. Cette affirmation illustre pour moi la promesse que représente l’Afrique, » a-t-il déclaré devant les 1,100 participants au forum. Il a également exprimé sa satisfaction de voir les activités commerciales des pays bénéficiaires de l’ AGOA se développer au fil des années, donnant l’exemple du commerce non-pétrolier qui a augmenté de plus de 300 pour cent depuis 2001, et du développement de ces industries non-pétrolières ayant contribué à créer près de 300.000 emplois directs dans les pays bénéficiaires.

Le Secrétaire d’Etat Adjoint a expliqué que la nouvelle stratégie de l’administration Trump pour l’Afrique, élève la relation des Etats-Unis avec le continent à une toute nouvelle échelle, à laquelle les échanges commerciaux et les investissements avec l’Afrique constituent une priorité. Il a également mis l’accent sur l’importance de la jeunesse africaine et de la promotion de la paix et de la sécurité, dans l’établissement d’un environnement stable et attrayant pour les investissements.

L’ AGOA n’est qu’un outil parmi d’autres…

Pour les États-Unis, leurs engagements en Afrique ne se limitent pas à l’ AGOA. D’autres instruments sont aussi à l’œuvre à l’instar de l’initiative Prosper Africa, qui soutient les importateurs et les exportateurs africains, et stimule les investissements en établissant des équipes de facilitation des affaires dans les ambassades américaines à travers le continent.  « Avec ces engagements et le succès durable de l’ AGOA, nous pouvons continuer à capitaliser sur une coopération approfondie, et des opportunités d’échanges commerciaux et d’investissements », a-t-on soutenu.

Entrée en vigueur du programme compact conclu entre l'agence gouvernementale américaine Millennium Challenge Corporation (MCC) et la Côte d'Ivoire.
Entrée en vigueur du programme compact conclu entre l’agence gouvernementale américaine Millennium Challenge Corporation (MCC) et la Côte d’Ivoire.

La coopération entre les Etats-Unis et l’Afrique s’est également illustrée le 5 aout 2019, avec l’entrée en vigueur du programme compact conclu entre l’agence gouvernementale américaine Millennium Challenge Corporation (MCC) et la Côte d’Ivoire, en présence de Sean Cairncross, le Directeur Général de MCC, et du Président de la République de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara. L’entrée en vigueur marque officiellement le début de la période de 5 ans prévue pour la mise en oeuvre  du programme compact de $525 millions de dollars, qui vise à soutenir la croissance et encourager les investissements privés en renforçant les capacités de la main-d’œuvre, en réduisant les coûts de transport, et en ouvrant de nouveaux marchés.

Déclaration commune avec l’UA

Annonce a été faite, en outre, que les États-Unis et l’Union africaine ont pour objectif commun de contribuer au travail effectué par l’Union africaine (UA) pour accroître le commerce et les investissements du continent. C’est dans ce cadre que le représentant adjoint des États-Unis au Commerce, C.J. Mahoney, et le commissaire au Commerce et à l’Industrie de la Commission de l’Union africaine, Albert Muchanga, ont signé une déclaration conjointe relative au commerce entre les États-Unis et l’Union africaine à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Forum de la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (AGOA) de 2019.

Le texte de la déclaration commune stipule que les États-Unis et l’Union africaine ont pour objectif commun de contribuer au travail effectué par l’Union africaine pour accroître le commerce et les investissements du continent dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (la « ZLECA »). Les États-Unis et l’Union africaine affirment aussi partager le même souhait et le même objectif d’approfondissement du dialogue et de la coopération en matière de commerce et d’investissement, et d’accroissement du commerce et des investissements entre les États-Unis d’Amérique et l’Afrique.

Les États-Unis reconnaissent l’intérêt manifesté par l’Union africaine pour une collaboration plus étroite afin d’identifier les moyens par lesquels les États-Unis peuvent coopérer au développement de la ZLECA. Les États-Unis reconnaissent que l’un des principaux objectifs de l’Union africaine est de promouvoir le développement durable ainsi que l’intégration des économies africaines.

Le but annoncé est de promouvoir un environnement sain en matière de politique commerciale, des économies d’échelle régionales et une circulation accrue des biens et des services sur le continent

Forger de nouvelles stratégies

Rappelons que l’année dernière, le département d’État des États-Unis a organisé le 17e Forum annuel de l’ AGOA, en  juillet à Washington. Le thème de la rencontre : « Forger de nouvelles stratégies de commerce et d’investissement entre les États-Unis et l’Afrique ».

17e Forum annuel de l’AGOA, en juillet à Washington
17e Forum annuel de l’AGOA, en juillet à Washington

L’occasion a été mise à profit pour présenter les résultats que les accords commerciaux mis en place au titre de l’ AGOA ont donné. Ainsi, au cours de ces dernières années, la totalité des échanges commerciaux entre les États-Unis et le continent est passée de 33 milliards de dollars (en 2016) à près de 40 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation d’environ 5 USD par personne sur le continent. Depuis la création du Forum, les échanges non pétroliers au titre de l’ AGOA ont augmenté de plus de 200 % pour atteindre 4,3 milliards de dollars en 2017 contre 1,4 milliard de dollars en 2001. La croissance de ces secteurs non pétroliers a déclenché, selon les estimations, la création directe de 300 000 emplois dans les pays bénéficiaires.

« Alors que nous nous tournons vers l’avenir, les États-Unis restent loyaux envers leurs partenaires africains pour faire avancer davantage les relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne et les élargir. Nous sommes convaincus que l’Afrique représente le principal marché en émergence de l’avenir. Entre aujourd’hui et 2050, près de la moitié de la croissance démographique mondiale aura lieu en Afrique alors que 1,2 milliard de nouveaux consommateurs s’ajouteront au marché africain. Par le biais de l’ AGOA, les États-Unis continueront à faire preuve de leur engagement en faveur de l’expansion des échanges et de l’investissement dans la région pour assurer sa réussite à l’avenir », a souligné le département d’État américain dans un communiqué publié à l’issue du rendez-vous de Washington en 2018.

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