AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

AFRIQUE DU SUD
Le dessous d’un budget réformateur

Bien qu’il y ait des déficits de recettes notables et que les taxes aient dû être augmentées, le cadre budgétaire 2018 a replacé l’Afrique du Sud sur la voie de la prudence budgétaire, qui sera positivement perçue par les agences de notation. L’accent est de nouveau mis sur des réformes économiques censées faire progresser la croissance du PIB.

La TVA a augmenté d’un point pour combler les déficits de recettes. Avec les ajustements inférieurs à l’inflation pour les tranches d’imposition sur le revenu des particuliers, l’augmentation de taxe sur la valeur ajoutée augmentera de 36 milliards de rands au cours du présent exercice.

Le taux de TVA moyen en Afrique est d’environ 15%. L’Afrique du Sud qui est passé de 14 à 15% est maintenant alignée sur des pays comme l’île Maurice, le Ghana et l’Éthiopie, mais ne semble pas compétitive par rapport au Nigeria, qui a un taux de TVA de 5%, bien qu’il soit prévu de l’augmenter à 10%. L’augmentation de la TVA aura un impact négatif sur le bien-être financier des Sud-Africains.

Les droits d’accise sont passés de 7% à 9% sur les produits de luxe, alors qu’ils bondissent de 6 à 10% sur l’alcool et le tabac. Le droit de succession pour les maisons de plus de 30 millions de rands est passé de 20% à 25%. Les sud-africains paient une taxe sur le carburant de 52 centimes par litre.

Ces hausses de recettes permettront de compenser une politique sociale qui capitalise la formation de la jeunesse. Les études universitaires sont gratuites. Pour les familles démunies, l’Etat prend en charge toutes les dépenses engagées par un étudiant à savoir les frais de scolarité, les livres prescrits, le logement, les repas et les indemnités de déplacement.

Cette allocation sera versée aux étudiants issus de familles dont le revenu annuel est inférieur à 350 000 rands. Au cours des trois prochaines années, le coût de l’éducation gratuite sera de 67 milliards de rands, soit 4% des recettes de l’Etat sur cette période. Les dépenses pour l’enseignement supérieur augmentent de 14%, c’est le poste budgétaire qui enregistre la hausse la plus importante. Son financement reste incertain, car suspendu aux réformes économiques.

Les réformes promises par le gouvernement sud-africain comprennent l’amélioration de la confiance, le déploiement du spectre du haut débit dans le secteur des télécommunications, le traitement des comportements anticoncurrentiels, l’amélioration de la logistique dans le secteur des transports et la priorisation des secteurs du tourisme et de l’agriculture.

Le nouveau président Cyril Ramaphosa veut améliorer la confiance entre le gouvernement, les entreprises et les syndicats. Les subventions aux entreprises publiques ont été réduites drastiquement. Les dettes du pays ont régressé de 4% pour passer à 56% du PIB en 2017. L’économie sud-africaine doit croître durablement à plus de 4% pour stopper les nouvelles dégradations des notations.