AFRICA EXCLUSIVE
Défis et émergence d'un continent

BENIN
Augmenter les surfaces forestières

 

La dégradation des zones forestières était importante au cours des dernières décennies au Bénin. Actuellement, les autorités du pays souhaitent renverser la vapeur. D’ici à 2030, le gouvernement envisage de restaurer 50% des terres dégradées à travers le pays.

Le défi est énorme mais les autorités béninoises sont optimistes et ont déjà pu mettre en place un calendrier. Lors de l’atelier national sur la gestion des terres et des paysages agro-forestiers au Bénin, le ministre d’Etat en charge du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, a dévoilé un pan du programme pour la restauration des terres « dégradées » dans le pays.

D’ici à 2030, un peu plus d’un million d’hectares de terres devrait être restauré. Il est également question pour le gouvernement béninois de limiter à 5% la perte de forêts et de savane sur l’ensemble du territoire afin de faire face à un risque croissant de dégradation de l’écosystème.

« Les statistiques relatives à l’occupation des terres entre 2000 et 2010 révèlent que 2,2 millions d’hectares de terres équivalant à 19% du territoire national se sont dégradés, ce qui correspond à un taux de dégradation moyen annuel de 220 000 hectares. Plus alarmant encore, sur la période allant de 1990 à 2010, le Bénin a perdu environ 21% de son couvert forestier.  Les zones humides, quant à elles, ont régressé d’environ 230 000 hectares en une décennie, soit une perte de 11% de leur superficie », a expliqué Abdoulaye Bio Tchané durant la conférence.

Cette dégradation continue risque pourtant de coûter cher au pays. « Le coût annuel de cette dégradation est estimé à 490 millions de dollars, soit 245 milliards de FCFA. Ce qui représente 5% du Produit Intérieur Brut (PIB). A ce rythme de dégradation, nous pouvons effectivement nous faire du souci pour la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) d’ici à 2030, si nous ne rendons pas plus effective la gestion durable de nos terres », continue-t-il.

Des solutions sont pourtant à portée de main. D’où la nouvelle mobilisation du côté des autorités béninoises. « Le gouvernement béninois s’est engagé à renforcer les mesures et les efforts en cours pour réduire de 21% à 5% la conversion des forêts et savanes naturelles en d’autres formes d’occupation du sol, en l’occurrence les terres agricoles et les habitations, et à augmenter de 5% la superficie des forêts à travers la reforestation et la mise en place de nouvelles plantations », conclut le ministre d’Etat.